Covid-19 : Que faut-il retenir de l’intervention d’Alain Fischer sur BFMTV ?

Invité de BFMTV ce matin, le professeur Fischer a répondu aux questions des Français sur les vaccins.

Quels sont les objectifs en termes de vaccination ?

La priorité est de vacciner les personnes les plus vulnérables qui risquent le plus de contracter une forme grave du virus. Ces personnes sont la raison pour laquelle le système de santé est en difficulté, a affirmé le professeur Fischer. Elles sont entre 17 et 20 millions et toutes devraient être vaccinées pour la fin de l’été. Dans les semaines à venir, les médecins généralistes jugeront parmi leurs patients ceux qui pourront recevoir le vaccin en premier en fonction de leur état de santé. La vaccination en pharmacie devrait suivre peu après mais aucune date n’est encore précisée. Concernant les personnes âgées entre 65 et 74 ans non atteintes de comorbidités, celles-ci devraient pouvoir être vaccinées à partir du mois d’avril.

Qu’en est-il aujourd’hui des effets secondaires détectés ?

Le professeur Fischer s’est voulu rassurant en soulignant le faible nombre d’effets secondaires constatés après la vaccination. Les vaccins utilisés chez les personnes âgées créeraient également moins d’effets secondaires. Parmi les principaux, un syndrome grippal est parfois constaté. Celui-ci ne serait pas grave, ses effets se dissipant au bout de 48 heures. Les vaccins à ARN messager restent eux déconseillés aux personnes présentant des allergies sévères, le vaccin pouvant dans certains cas empirer ces réactions. Les personnes concernées doivent faire connaître leurs antécédents avant de se faire vacciner afin d’éviter tout désagrément.

Les vaccins pourront-ils nous protéger des trois variants du virus ?

Trois variants circulent activement en France. Si le variant britannique se montre plus contagieux, il ne rendrait pas le vaccin moins efficace, selon Alain Fischer. Le professeur a souligné une petite baisse d’efficacité du vaccin pour les variants sud-africain et brésilien, mais celle-ci ne serait pas alarmante, surtout pour les formes sévères. A ce jour, les données sont encore très incomplètes et de nouvelles variations virales pourraient encore arriver et entraîner une adaptation des vaccins. Les laboratoires anticipent de nouvelles mutations afin que les vaccins continuent d’être efficaces et disponibles rapidement dans chacun de ces scénarios.

Faut-il faire confiance au vaccin AstraZeneca ?

Réservé aux 18–65 ans, le vaccin AstraZeneca ne serait efficace qu’à 60%, contre plus de 90% pour les vaccins Pfizer et Moderna. Si le professeur Fischer a reconnu des défaillances de ce vaccin sur les formes bénignes du virus, il s’est montré rassurant quant à la protection de ce sérum contre les formes sévères. Quant aux effets secondaires, ressentis chez les soignants ayant reçu une dose de ce vaccin, ceux-ci resteraient minimes et peu contraignants. Les personnes vaccinées font l’objet d’un suivi et des études sont en cours pour comprendre si le fait d’avoir déjà attrapé le virus pourrait être la raison de ces effets indésirables.

Quand les jeunes pourront-ils se faire vacciner ?

Les jeunes faisant l’objet d’un facteur de risque particulier pourront être vaccinés dans les prochaines semaines. Ils font partie du groupe des moins de 65 ans avec comorbidités. La vaccination des enfants bien portants n’est en revanche pas envisagée actuellement. En effet, les scientifiques ne sont pas encore en mesure d’affirmer que les vaccins sont aussi efficaces pour les enfants que pour les adultes. Même pour les enfants malades, le risque de développer une forme grave reste très faible, a rappelé le professeur Fischer.