Covid 19 : une recommandation pourrait libérer plusieurs millions de doses de vaccin

Dans une recommandation parue le 12 février, la Haute autorité de santé affirme qu’une dose de vaccin serait suffisante pour protéger les personnes infectées par le Covid 19. Si la préconisation est validée par le gouvernement, la tension autour du nombre de doses disponibles pourrait s’atténuer.

Alors que les livraisons de vaccins ne sont que partiellement satisfaites dans l’hexagone, la dernière recommandation de la Haute autorité de santé (HAS) pourrait donner un nouvel élan à la campagne vaccinale. Dans une note parue le 12 janvier, l’autorité sanitaire a indiqué qu’une seule dose de vaccin pourrait suffire à immuniser les personnes ayant déjà contracté le Sras-CoV‑2.

« La réponse immunitaire d’une personne ayant contracté le Covid 19 est similaire à la première dose du vaccin. C’est pourquoi une unique perfusion suffit à obtenir l’effet booster attendu », explique-t-on à la HAS. Pour l’heure, cette recommandation est sur le bureau du ministre de la Santé, qui doit encore valider son application. Si elle devenait effective, plusieurs millions de doses pourraient alors servir à vacciner des personnes « naïves », c’est-à-dire jamais infectées. 

Difficile cependant de savoir combien de Français pourraient être éligibles à une unique dose, répond en substance la porte-parole de la Haute autorité de santé. Et d’ajouter : « Selon Santé Publique France, il y a environ 3 millions de personnes qui ont eu le Covid-19, mais ce nombre dépasse les 6 millions si on en croit l’étude publiée par la DREES (organisme rattaché au ministère de la Santé, ndlr), publiée en fin d’année ». Du côté du gouvernement, les estimations de Santé Publique France sont les plus scrutées.

Pas de pression du gouvernement

À la Haute autorité de la santé, on se défend de toute pression gouvernementale pour juguler la baisse du nombre de vaccinations. Un « creux » qui, selon le secrétaire d’État aux affaires européennes, Clément Beaune, est dû à une production encore inférieure aux commandes enregistrées par les laboratoires.

« Le croisement de plusieurs études cliniques a orienté notre recommandation », se justifie la porte-parole de la HAS, avant d’ajouter : « Le gouvernement ne nous a pas suivis quand nous proposions un plan pour économiser les doses ». En début d’année, la Haute autorité de santé avait donné son feu vert pour allonger de trois à six semaines la période entre deux injections. « Si ce protocole avait été généralisé, on aurait pu réaliser jusqu’à 1,2 millions de premières injections supplémentaires sur un mois et demi », renchérit-elle.

https://ateliers.cfjlab.fr/2021/02/15/vaccination-le-sprint-au-royaume-uni-la-course-de-fond-en-france/

6 mois entre l’infection et le vaccin

Si une seule dose est jugée suffisante pour les anciens malades du coronavirus, la Haute autorité de santé préconise de laisser « a minima » trois mois, et « de préférence » un semestre, entre une contamination au Covid-19 (avec ou sans symptôme) et une injection. « On ne veut pas demander à l’organisme humain de se battre sur deux fronts en même temps », justifie la porte-parole.

Pour éviter l’effet inverse, les personnes immunodéprimées, c’est-à-dire avec une faible réponse immunitaire, et celles ayant enduré des formes longues ou très symptomatiques du Covid-19 devraient systématiquement recevoir une double dose.

La question de la vaccination des anciens malades devrait prochainement revenir à l’agenda de la Haute autorité de santé. Un quatrième vaccin à dose unique, développé entre autres par le laboratoire américain Johnson&Johnson, pourrait être prochainement homologué.