Jaguar, en route pour des véhicules électriques

Jaguar F-Type. Photo PIXABAY. 2016

 

Le groupe automobile Jaguar Land Rover a annoncé que les modèles de sa marque de luxe Jaguar seraient 100 % électrique à partir de 2025. Une stratégie "verte" qui doit permettre au constructeur britannique de devenir neutre en carbone d’ici 2039, tout en évitant la casse sociale.

À l’occasion de la présentation d’un plan stratégique lundi 15 février, le constructeur Jaguar Land Rover a annoncé aller vers l’abandon des modèles thermiques de sa marque premium Jaguar. Dans un communiqué, le constructeur indique que “d’ici le milieu de la décennie, Jaguar aura entrepris une renaissance pour émerger comme marque de luxe purement électrique”. À partir de 2025, la totalité des véhicules sortant de ses usines devrait donc être électrique.

L’objectif affiché est de devenir un acteur neutre en carbone sur le marché automobile — même si la production des batteries des voitures électriques consomme plus d’énergie que celle des voitures dites classiques. D’ici 2039, en plus des véhicules produits, c’est toute la chaîne d’approvisionnement du groupe britannique emmené depuis septembre par Thierry Bolloré qui devra coller à cette nouvelle aspiration annoncée comme verte.

L’ancien dirigeant de Renault avait notamment contribué au succès de la Renault Zoé, la citadine électrique de la marque éponyme. En 2020 elle aura d’ailleurs compté pour un tiers des ventes des voitures électriques en France.

Pour se réinventer et se lancer sur la route de l’électrique, Jaguar Land Rover souhaite investir 2,5 milliards de livres (2,8 milliards d’euros) par an. Il veut également développer des alternatives à l’hydrogène ; et entend se rapprocher de l’industriel indien Tata Motors — sa maison mère — pour l’occasion. Là encore, l’objectif est de prendre un virage vert afin de satisfaire la future demande de véhicules roulants grace à une énergie propre.

Aller vers le vert pour sortir du rouge

Outre manche, ces annonces sont perçues comme une “bonne nouvelle dans ces temps économiques difficiles”. Les finances du groupe Jaguar Land Rover voient rouge à la suite de la crise du coronavirus, mais pas seulement. Avant la pandémie, le déclin du groupe automobile était d’ores est déjà enclenché du fait d’un marché désintéressé par les véhicules trop polluants.

À l’époque, le constructeur avait annoncé un plan de restructuration et la suppression de 5 000 postes — dont 1 100 au Royaume-Uni — pour tenter d’économiser 5 milliards de livres d’ici mars 2021. Mais aujourd’hui, avec cette nouvelle annonce, le syndicat britannique Unite indique avoir reçu l’assurance qu’aucun site de production ne fermera et qu’il n’y aura pas de licenciements. Une bouffée d’air pour les quelque 40 000 employés britanniques responsables de la production de 244 000 voitures l’année dernière.