La Guinée de nouveau “en situation d’épidémie” d’Ebola

Centre de traitement contre Ebola à Nzérékoré, Guinée. UN Photo/Martine Perret. 2015

 

Après cinq ans, la fièvre hémorragique refait son apparition en Afrique de l'Ouest. Bien qu’un vaccin soit désormais disponible, la résurgence systémique de la maladie inquiète les autorités.

En pleine pandémie de Covid-19, le virus Ebola resurgit en Afrique de l’Ouest. Sept cas, dont trois morts, ont été confirmés en Guinée dimanche 14 février. Le gouvernement du pays fait état d’une situation de “fièvre hémorragique”, la première depuis cinq ans.

La Guinée avait été jusqu’alors épargnée par le Covid-19, avec 85 décès pour 12 millions d’habitants. Létale à 50%, la fièvre Ebola sera beaucoup plus meurtrière si les contaminations ne sont pas maîtrisées à temps. Lors de la dernière épidémie de 2013 à 2016, 11.300 personnes sont décédées dans la région. 

Confiant, le gouvernement guinéen assure avoir tiré des leçons des années précédentes. “Je suis inquiet en tant qu’humain, mais je reste serein car on a géré la première épidémie et la vaccination est [désormais] possible”, a déclaré le ministre guinéen de la Santé, Rémy Lamah.

Le pays est beaucoup plus équipé qu’en 2016. Le 12 janvier dernier, l’Organisation mondiale de la Santé avait annoncé la création de la première réserve mondiale du vaccin Ervebo. Ce sérum a démontré son efficacité à trois reprises, lors d’importantes situations épidémiques en République démocratique du Congo. 

Aucun cas chez les pays voisins

Les avancées du système médical guinéen permettent un diagnostic plus rapide. Là où un cas était confirmé en trois mois il y a quelques années, il faut désormais deux semaines aux autorités pour l’attester. D’anciens centres spécialisés dans la prise en charge des malades Ebola ont été rouverts afin d’isoler les patients. 

À en croire l’absence de cas chez les pays voisins, le Liberia et au Sierra Leone, la gestion de l’épidémie est, pour l’instant, maîtrisée en Guinée. 

La prochaine étape est de déterminer l’origine de la résurgence. Selon le président de l’Agence sanitaire de Guinée, le docteur Sakoba Keïta, une infirmière est décédée dans la région, et “plusieurs personnes ayant pris part à son enterrement ont, quelques jours après, commencé à avoir des manifestations de diarrhées, de vomissements, de saignements et de fièvre”.