La semaine du PSG : face au Barça, un rendez-vous sous haute tension

Depuis le tirage au sort des 8èmes de finale de la Ligue des Champions, FC Barcelone et Paris-Saint-Germain comptent les jours. Poussés par le hasard à se rencontrer pour la 5ème fois depuis 2013, les deux clubs nourrissent une forte rivalité, qui ne cesse de croître à l’approche du match aller.

Comme une ambiance de finale. Ce dimanche 15 février, les joueurs parisiens quittaient leur camp d’entrainement sous la clameur des supporters venus en nombre. Aux yeux de ces fans, le FC Barcelone, que doit rencontrer le Paris Saint-Germain, mardi, en 8ème de finale de la Ligue des Champions, fait en quelque sorte office de meilleur ennemi. Ces dernières semaines, l’ambiance est même devenue plus électrique que jamais entre les deux clubs. 

L’épicentre de ces tensions est né en Argentine et porte le numéro 10 sur le dos. Le 9 février, Lionel Messi, le meilleur joueur du Barca, faisait la une de France Football aux couleurs de Paris. « La carte secrète du PSG », vantait l’hebdomadaire spécialisé, alors que le club de la capitale est suspecté d’œuvrer en coulisses pour s’offrir ses services à la fin de la saison. 

Cette provocation avait instantanément provoqué l’indignation des médias sportifs espagnols. Dans la foulée, le célèbre Mundo Deportivo évoque alors « un harcèlement total » de la part d’un média derrière lequel se cache un « PSG soucieux de déstabiliser son adversaire ».

Le directeur sportif du PSG, le Brésilien Leonardo, avait allumé la mèche quelques semaines plus tôt dans le même magazine français, assumant que le PSG se réservait une place « à la grande table des clubs » désireux de recruter le génie argentin. 

« Messi ? J’adorerais jouer avec lui »

C’est ensuite en dehors des médias que les deux clubs s’étaient répondu, d’abord par l’intermédiaire d’Angel Di Maria, grand copain du Barcelonais. « Messi ? Il y a peut-être des possibilités. J’adorerais jouer avec lui », avait affirmé l’ailier parisien. Des mots qui avaient fait réagir l’entraineur du Barca Ronald Koeman en conférence de presse : “Ce qu’il a dit est faux, et irrespectueux lorsque l’on parle d’un joueur qui est toujours sous le maillot de Barcelone” a‑t-il lancé.

Une manière, pour le coach, de contenir toute forme de déstabilisation au sein de son effectif.« Les joueurs sont tous sur leur téléphone, et ils voient ces articles et ces unes. Cela peut agacer un vestiaire », constate Enzo Guérini, journaliste pour Eurosport. Ce spécialiste du PSG qu’en 2017, avant la précédente double-confrontation entre les deux clubs, les médias espagnols avaient usé des mêmes ressorts, en mettant plusieurs fois la star parisienne Marco Verratti en une des journaux.

L’ambiance orageuse qui entoure la confrontation de mardi prend également sa source sur une soirée qui a marqué au fer rouge les esprits parisiens. En affrontant une nouvelle fois le grand Barca, Paris a une chance de tirer un trait sur la “remontada”, un traumatisant épisode de mars 2017. Victorieux au Parc des Princes à l’aller (4–0), les joueurs s’étaient ensuite effondrés en Catalogne (6–1) à l’occasion d’un match ponctué par plusieurs erreurs d’arbitrages. Une humiliation planétaire dont certains cadres du PSG gardent la cicatrice encore aujourd’hui.

L’ombre de la remontada… et de Neymar

« Cet épisode a pourri la vie des joueurs et des supporters parisiens pendant plusieurs années », confie Enzo Guérini. Marquinhos, actuel capitaine du PSG et jeune titulaire à l’époque, assure pourtant que cet épisode “relève du passé”. Comme lui, une dizaine de joueurs susceptibles de jouer mardi étaient déjà présents en 2017 : Kurzawa, Verratti, Draxler, ou Kimpembe pour Paris, Ter Stegen, Umtiti, Busquets, Messi, et Alba côté Catalan. Depuis ce match, qui a gravé la rivalité entre les deux équipes, un seul joueur est passé d’une équipe à l’autre : la star brésilienne Neymar Jr. 

D’abord soupçonnés de renoncer au projet à la suite de la débâcle de Barcelone, les dirigeants Qatari avaient finalement décidé frapper fort. À l’été 2017, le PSG avait levé la clause libératoire de la jeune pépite du Barca, obligeant le club espagnol à la laisser partir pour la somme astronomique de 222 millions d’euros. 

Ce transfert record mais non-désiré par la direction du FC Barcelone alimente depuis les relations conflictuelles qu’entretiennent les deux équipes. L’intéressé, lui, n’a pas rejoué depuis contre son ancien club, qu’il avait un temps souhaité rejoindre à l’été 2019. Blessé face à Caen, mercredi 10 février, il ne disputera pas le match aller, mardi. Mais son ombre planera bien sur le Camp Nou.