“Nous sommes prêts” : les pharmaciens volontaristes face au vaccin AstraZeneca

La majorité des officines sont partantes pour remplir leur rôle d’intermédiaire avec les médecins, alors que le laboratoire AstraZeneca doit envoyer à la France 700 000 doses de vaccin à partir de mercredi. 

Ni doute, ni craintes. Simon Assaraf, pharmacien dans le 12e arrondissement, s’apprête à recevoir sa première livraison de vaccins dans les prochains jours. Et, quand bien même ce professionnel attend encore les dernières informations sur les modalités de l’opération, l’homme en blouse blanche se montre résolument volontariste. « Même si cela implique toute une organisation à mettre en place, nous sommes prêts ! », assure-t-il.

A partir de mercredi, les pharmaciens vont pouvoir jouer un nouveau rôle dans la campagne de vaccination. Eux-mêmes ne procéderont pas immédiatement à des vaccinations. Leur premier rôle est de recevoir les 700 000 doses du laboratoire britannique AstraZeneca et de se mettre en lien avec les médecins généralistes et les infirmiers exerçant à domicile.

Dans son officine, Simon Assaraf ignore à quelle date exactement il réceptionnera les fameuses doses. Sur son rôle à venir, un flou manifeste règne là encore. « On reçoit des alertes de l’Agence Régionale de Santé mais cela reste très approximatif tout de même, concède-t-il. Les informations tombent au compte-goutte … ».

“Notre volonté c’est que les pharmaciens puissent augmenter la couverture vaccinale”

Cette zone d’ombre ne décourage pas les officines, dont beaucoup ont déjà pris les devants. Contactée par la rédaction de CFJ Lab, Bénédicte Bertholom, déléguée générale de l’Union Syndicale des Pharmaciens d’Officine (USPO), dénombre que « 2000 pharmacies ont déjà fait une commande de vaccins à ce jour » sur le portail du ministère de la Santé censé les mettre en lien avec les soignants.

Selon une enquête commandée par l’autre principal syndicat du secteur, la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF), près de 84,5% des pharmaciens sont même volontaires pour vacciner les patients. Après la distribution de masques, la réalisation de tests antigéniques, les pharmacies continuent donc de vouloir jouer un rôle central dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19. « Notre volonté, c’est vraiment que les pharmaciens puissent augmenter la couverture vaccinale en effectuant également des actes de vaccination », insiste Bénédicte Bartholom.

Une procédure similaire au vaccin de la grippe

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, affirmait dès le lundi 8 février sur le plateau de l’émission C a vous sur France 5 que les pharmacies seraient bien « mobilisées dans la campagne de vaccination ». Ajoutant que s’ils ne pouvaient pas le faire jusqu’à présent, c’est parce que les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna nécessitaient des conditions de conservation difficilement possibles pour les pharmaciens contrairement à celui d’AstraZeneca  qui a besoin d’être conservé entre 2 et 8 °C comme le vaccin pour la grippe. « C’est comme ça qu’on a appris qu’on allait devoir vacciner les gens : par les médias ! », s’agace une pharmacienne parisienne. Signe, sans doute, de l’impatience ambiante.

Selon Philippe Besset, le président de la FSPF, « les pharmaciens sont formés et ont les locaux » pour pratiquer la vaccination. La formation pour pratiquer le vaccin contre la Covid-19 est en effet la même que celle requise pour la grippe saisonnière. « La procédure est au final la même que pour le vaccin de la grippe, rassure Simon Assaraf. Ce qui change, c’est davantage le travail administratif qui va en découler. On va très certainement devoir mettre en place un système de rendez-vous compte tenu du fait qu’il y a deux doses à injecter … » Une charge supplémentaire que comptent bien faire valoir les syndicats auprès de l’Assurance Maladie.