Le récap’ de l’interview de Didier Raoult sur CNews

Après l’annonce de la sortie de son livre Carnets de guerre COVID-19 la semaine dernière, le professeur marseillais était l’invité de la matinale de Cnews du 15 février, pour faire un point sur l’épidémie.

Invité de Laurence Ferrari sur Cnews, média sur lequel il s’exprime régulièrement, Didier Raoult a été interrogé ce matin 15 février 2021 sur la situation sanitaire en France et dans le monde. Visé par une plainte de l’Ordre des médecins, le professeur en microbiologie et directeur de l’IHU Méditerranée Infection de Marseille est critiqué par ses pairs pour nombre de ses déclarations. Ce matin encore, il s’est placé à contre-courant de la communauté scientifique. On fait le point sur ses déclarations, en quatre points.

  • Les variants: “c’est une autre épidémie”

En croisade contre le Remdesivir, Didier Raoult a défendu l’idée que ce médicament serait responsable de l’apparition de variants. “On a maintenant, au moins dans la littérature, quatre virus qui ont muté sous Remdesivir et qui ont la mutation qui nous inquiète beaucoup chez le variant anglais, sud-africain et brésilien. De là à penser que cette mutation a été induite par ce médicament, il n’y a qu’un pas.” Le directeur de l’IHU de Marseille refuse néanmoins de parler de “rebond épidémique”, “ce que nous vivons maintenant n’est pas un rebond, c’est une autre épidémie”. Dans son établissement, il a dénombré “une cinquantaine de gens qui ont eu deux épisodes d’infection avec deux virus différents.

  • Le point sur l’épidémie en France: “Toutes les statistiques sont fausses”

Le professeur émet de fortes réserves sur la fiabilité des tests. Selon lui, le nombre de personnes infectées par le Covid-19 est erroné car les tests PCR détecteraient “40% de faux positifs” et les “salivettes” (tests antigéniques avec la salive) détectent “30% de faux négatifs”. Il continue par ailleurs à affirmer que le nombre de morts dû au Covid-19 est surestimé et déclare qu’il “faut arrêter les communiqués de guerre tous les jours en disant qu’on va tous mourir”.

Cette affirmation, lui permet de remettre en cause les politiques de la lutte contre l’épidémie menées jusqu’à présent. Fervent opposant du confinement, il salut ainsi la décision d’Emmanuel Macron de ne pas en décider un troisième.

  • Favorable au “vaccin chinois”

“Il est regrettable qu’on n’ait pas pris le vaccin chinois”, déplore Didier Raoult. Si le professeur affirme ne pas accorder d’importance au retard pris par Sanofi dans le développement d’un vaccin français, il se place cependant en défenseur du vaccin chinois. Il affirme :“c’est un vaccin comme je les connais pour la grippe. (…) L’immunité ne se fait pas que contre une protéine, elle se fait contre toutes les protéines.” 

Il est ainsi sceptique envers les vaccins à ARN messager, pourtant maintes fois approuvé par la communauté scientifique, car “même si la protéine choisie pour faire les vaccins moléculaires est une protéine très importante, le fait de ne se focaliser que sur une protéine a beaucoup plus de chance de voir des variants échapper.” Il reconnait cependant l’utilité des vaccins pour “les personnes très à risques”, pour lesquelles “le bénéfice est plus grand que le risque”.

Quand Laurence Ferrari l’interroge sur l’efficacité du vaccin chinois, estimée à 50%, le professeur n’hésite pas à remettre en cause les données connues à ce jour. “Si vous regardez dans le détail les données sur lesquelles ont été validées les vaccins [à ARN comme Pfizer et Moderna], vous restez un peu frustrés”, déclare-t-il.

  • Son livre: « Carnets de guerre COVID-19 »

Dans son livre Carnets de guerre COVID-19, sorti le 11 février aux éditions Michel Lafon, Didier Raoult défend son bilan, “Je ne regrette rien de ce que j’ai dit, je ne regrette rien de ce que j’ai fait, écrit-il, bien qu’il soit très critiqué par ses pairs pour ses déclarations controversées sur le Covid-19.

Il termine l’interview en déclarant fièrement que l’IHU de Marseille “a eu les taux de mortalité les plus bas du monde. On est les seuls dans ce pays à avoir fait des génomes. On a été les premiers au monde à avoir dit qu’il y avait des variants. On est les seuls à avoir eu une production scientifique raisonnable sur le Covid, en termes de maladie infectieuse.” Un bilan élogieux qui reste à prouver.