Variant anglais : la préfecture du Nord et les élus locaux à couteaux tirés

A Dunkerque, pas de reconfinement local ni fermetures d’école. Le maire (DVG) Patrice Vergriete dénonce des « mesures déconnectées », face à la diffusion rapide du variant anglais du Covid-19 dans la région.

Dunkerque dans l’incompréhension. Au micro de France Bleu Nord ce lundi matin, le maire (DVG) Patrice Vergriete a regretté des “mesures déconnectés”, la préfecture ayant choisi de garder les établissements scolaires de la ville ouverts cette semaine, malgré l’accélération de la diffusion du variant anglais du Covid-19 sur le territoire.

L’arrivée et la sortie en décalé, en maternelle et en primaire

Vendredi, plusieurs maires de la communauté urbaine de Dunkerque, dont Mr Vergriete, avaient exprimé aux autorités l’urgence de fermer les collèges et les lycées une semaine avant les vacances scolaires, et d’autoriser une dérogation à l’obligation scolaire pour les élèves de primaire.

Le lendemain, la préfecture a annoncé ne pas souhaiter renforcer les mesures existantes – couvre-feu à 18h, port du masque généralisé – qui “apparaissent suffisantes”. A la place, l’arrivée et la sortie des élèves de maternelle et de primaire se feront en décalées, afin d’éviter les attroupements, et les collèges et les lycées fonctionneront sur un modèle mixte présentiel/distanciel.

Des mesures jugées inadéquates

Une stratégie de temporisation inadaptée « à la réalité du terrain », regrette Patrice Vergriete. “Je mettrai ma fille à l’école ce matin, il faut respecter un terme démocratique, mais je sais qu’un certain nombre de familles ne mettront pas (leurs enfants), il y a des choses que je peux comprendre aujourd’hui “, a continué l’élu au micro de France Bleu Nord.

Le syndicat des personnels enseignants SNES-FSU souligne lui-aussi un “manque de cohérence” entre les nouvelles mesures annoncées, et le discours des autorités. Jeudi dernier, le ministre de la Santé Olivier Véran a alerté sur la situation sanitaire inquiétante de la Moselle, et de Dunkerque, lors d’une conférence de presse, deux jours seulement avant les déclarations de la préfecture du Nord.

Un “feuilleton incompréhensible”, selon Bruno Henry, secrétaire du SNES-FSU dans l’académie de Nancy-Metz. Au micro de France Info ce samedi, il a pointé des conditions sanitaires “pas toujours au top dans les établissements », et « un ras-le-bol dans la salle des profs”, incapables d’assurer aux parents la protection totale des élèves.

 Variant anglais détecté dans 68% des tests positifs à Dunkerque

D’après les premières conclusions de séquençage dans la région de Dunkerque, le taux d’incidence serait aujourd’hui de 515 cas pour 100.000 habitants contre 384 il y a une semaine. En cause, la forte présence du variant anglais sur le territoire, dont la contagiosité serait de 50% à 70% supérieure à celle de la souche originelle.

 “Ces décisions sont un mauvais signal envoyé à nos soignants épuisés, mais aussi à l’ensemble de la population dunkerquoise”, a conclu, déçu, le maire de Dunkerque dans un communiqué.