Algérie : manifestations et lourdes peines de prison pour l’anniversaire du Hirak

Crédits : Wikimedia Commons. Manifestations à Alger en Algérie, le 1er mars 2019, quelques semaines après la naissance du mouvement populaire anti-régime, le "Hirak".

 

Pour le deuxième anniversaire du "Hirak" en Algérie, les manifestants anti-régime se sont de nouveau réunis. La veille, la justice algérienne condamnait plusieurs militants à des peines de prison ferme.

“Pour l’indépendance de l’Algérie”, “les généraux à la poubelle”. Des milliers de personnes ont défilé ce mardi 16 février 2021 à Kherrata, berceau des contestations anti-régime du Hirak” à l’est du pays, pour marquer le deuxième anniversaire du mouvement populaire. Le 16 février 2019, une mobilisation spontanée avait réuni des milliers d’Algériens opposés au cinquième mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika, chassé du pouvoir quelques semaines plus tard.

La veille, des manifestants s’étaient déjà rassemblés à l’approche de l’anniversaire, et ce malgré l’interdiction des rassemblements politiques en raison de l’épidémie de Covid-19. Ces mobilisations spontanées, qui ont fait descendre chaque vendredi plusieurs millions d’Algériens dans la rue ces deux dernières années, étaient devenues une véritable tradition… Jusqu’à ce que la pandémie en mars 2020 y mette un coup d’arrêt.

Malgré cet essoufflement pour cause de trêve sanitaire”, ce mouvement populaire pacifique continue de réclamer “le démantèlement complet du système” en place depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962. La démission d’Abdelaziz Bouteflika n’a jamais satisfait les membres du Hirak, qui ont boycotté en masse le scrutin ayant élu l’actuel président, Abdelmadjid Tebboune.

Plus de 70 personnes encore emprisonnées

De nombreux militants du Hirak sont régulièrement condamnés par la justice algérienne. Lundi, veille du second anniversaire du mouvement, la sentence la plus lourde a échu au jeune militant Chems Eddine Laalami, qui s’est vu infliger deux ans de prison, notamment pour “offense au président de la République” et “publication de fausses informations”.

Une enseignante militante a également été condamnée lundi à un an de prison, dont six mois ferme, et deux autres “hirakistes” ont reçu des peines de 6 mois de prison, dont 3 mois ferme. Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), plus de 70 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie en lien avec les protestations du Hirak et/ou les libertés individuelles.