Brexit : les artistes britanniques pourront-ils se produire en Europe ?

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Londres annonce vouloir négocier unilatéralement la libre circulation de ses artistes entre le Royaume-Uni et les pays de l’Union européenne.

Un secteur de la culture exsangue et un Royaume-Uni sorti de l’Union Européenne le 31 décembre dernier ne font pas les affaires des artistes britanniques, d’habitude régulièrement amenés à se produire sur le Vieux continent.

Le gouvernement conservateur emmené par Boris Johnson avait été âprement critiqué après la période de transition précédant le Brexit. En cause, une absence de négociations quant à un des versants de l’accord de libre-échange avec l’UE. Aucune décision n’a été prise pour permettre aux artistes en tournée et à leurs équipes de voyager sans visa à destination de l’Europe.

Un problème de travail plus que de déplacement

Et pour cause, le Royaume-Uni présume avoir plus de chance de succès grâce à des négociations unilatérales avec les États membres. À l’occasion d’une commission parlementaire, la secrétaire d’État à la Culture, Caroline Dinenage, estime qu’une solution négociée au global et incluant l’ensemble des 27 serait “très compliqué”. Elle a néanmoins affirmé que “la porte restait ouverte” à de plus amples discussions avec l’UE.

Le point d’achoppement concerne davantage la notion de travail que celle de déplacement. Devant les parlementaires, Caroline Dinenage a indiqué que “le plus gros problème [était] la question des permis de travail”. Elle indique que cela relève de la compétence des États membres à l’échelon individuel. “C’est pourquoi nous ciblons notre travail là-dessus”, a‑t-elle conclu.

Colère des acteurs de la culture

De leur côté, les représentants du secteur culturel prédisent des difficultés si les déplacements ne sont pas facilités. “Je pense que l’impact négatif du Brexit sur les industries créatives et en particulier sur les [artistes] indépendants est devenu encore plus brutal”, explique Deborah Annetts, la directrice générale de l’Incorporated Society of Musicians.

Et Paule Constable, membre du collectif de travailleurs indépendants Freelancers Make Theatre Work, d’ajouter : “Nous entendons des témoignages de gens qui disent des choses du genre: ‘J’ai l’impression que je dois faire un choix entre être Britannique ou musicien.”

Au Royaume-Uni, la situation est vécue comme une crise à part entière. Si l’Incorporated Society of Musicians appelle à des négociations entre le gouvernement et la Commission européenne, Tim Burgess, chanteur du groupe de rock The Charlatansne, a lancé une pétition.

Elle réclame une exemption de visas en faveur des professionnels de la musique et les artistes. Dua Lipa, Lewis Capaldi ou des groupes comme Metronomy, Foals et Slowdive la soutiennent. Elle a pour l’instant recueilli 280.000 signatures.