Emmanuel Macron promet une “action renforcée” contre les groupes jihadistes au Sahel

Véhicules du 3e régiment du génie dans la région de Gao, janvier 2017 - France 3 Grand Est

 

Au sommet du G5 Sahel, le chef de l'État a salué les avancées dans la lutte contre le jihadisme dans la région tout en rappelant la nécessité de la renforcer. Les effectifs militaires français sur place ne baisseront pas "dans l’immédiat".

Son intervention était très attendue. Emmanuel Macron a promis, en s’adressant au sommet du G5 Sahel en visio-conférence depuis Paris, “une action renforcée” pour tenter de “décapiter” les organisations affiliées à Al-Qaïda : le GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et la katiba Macima. Devant les cinq pays du Sahel réunis au Tchad depuis hier, le président français a insisté sur la nécessité de renforcer la lutte contre les groupes jihadistes et les a exhortés à un “sursaut” politique pour que l’Etat reprenne ses droits dans les territoires délaissés de la région. Côté français, aucune baisse d’effectifs militaires dans la région n’est prévue “dans l’immédiat”.

Le G5 était l’occasion de dresser un bilan de la lutte contre le jihadisme au Sahel. L’armée française revendique d’avoir sérieusement affaibli l’organisation Etat islamique et tué plusieurs chefs d’Al-Qaïda. Un an après le sommet de Pau, “nous avons réussi à obtenir de véritables résultats dans la zone des trois frontières”, entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, s’est félicité le président. Le principal groupe visé, l’organisation État islamique au Grand Sahara, désigné l’an dernier comme “ennemi numéro 1” dans la région, “a perdu son emprise et subit de nombreuses pertes”, a également salué Emmanuel Macron.

Pas un jour sans attaque

Malgré tout, les deux principales nébuleuses jihadistes restent très actives dans la région où 50 soldats français ont tués depuis 2013. Le président a souligné que “la plus haute hiérarchie [de ces organisations] continue à nourrir un agenda jihadiste” et constitue toujours une menace. Plus de huit ans après le début d”une crise sécuritaire dans la région, quasiment pas un jour ne passe au Mali, au Burkina Faso et au Niger sans une attaque.

L’an dernier à Pau, Paris avait annoncé l’envoi de 600 soldats français en renfort au Sahel. Si la France ne cache pas vouloir réduire sa présence militaire dans la région, Emmanuel Macron n’a finalement pas évoqué mardi de réduction des effectifs de l’opération antijihadiste Barkhane, qui compte actuellement quelque 5 100 hommes.

Le président a par ailleurs salué la décision annoncée hier par le président tchadien Idriss Déby Itno d’envoyer plus d’un millier dans la zone des “trois frontières” : une “décision forte et courageuse qui viendra conforter la force du G5 Sahel”. Le chef de l’Etat a également remercié les pays européens qui participent au nouveau groupement de forces spéciales Takuba et “qui acceptent ainsi de mutualiser le risque du sacrifice ultime que prennent nos soldats”.