En dépit du couvre-feu, les Français se déplacent toujours autant

Depuis décembre le niveau de mobilité des Français reste stable malgré les mesures prises par le gouvernement pour limiter les déplacements entre 18h et 6h. 

Depuis le 4 janvier, les déplacements repartent à la hausse. SOURCE : Pixabay — Image de PublicDomainPictures

En un an, les déplacements des Français ont diminué de 20%. Selon une étude de lINSERM (EPIcx-Lab) en partenariat avec l’opérateur téléphonique Orange, le couvre-feu n’aurait quasiment pas eu d’incidence sur la mobilité. 

Des restrictions supplémentaires ont pourtant été ajoutées début décembre 2020 avec un second confinement puis un couvre-feu national à 20 heures au 15 décembre 2020 et depuis le 16 janvier à partir de 18 heures .

Cette étude démontre que depuis le 4 janvier, les mesures pour restreindre les déplacements n’ont plus l’effet espéré. La mobilité augmente. Le couvre-feu n’aurait eu que peu d’impact sur les déplacements. Dans le Monde, l’épidémiologiste Eugenio Valdano nuance : Il est possible que les Français aient réorganisé leur journée tout en respectant les mesures

Des mesures de moins en moins efficaces

Cette étude vient confirmer une tendance. Les confinements et couvre-feux sont moins respectés qu’au début de la pandémie. Au premier confinement, les déplacements avaient chuté de 67%, par rapport à la période d’avant pandémie (février 2020). Lors du second confinement, la chute était moins spectaculaire, avec une diminution de 35% de la mobilité. Même si cette chute, moins brutale, pourrait être en partie expliquée par l’ouverture des établissements scolaires. 

Les chercheurs de l’INSERM constatent aussi que la baisse de la mobilité est plus prononcée parmi les catégories de population les plus aisées. Ces constatations viennent renforcer un phénomène déjà observé lors du premier confinement. Il pourrait être en partie expliqué par la nature des activités professionnelles, les emplois de bureaux sont plus adaptés au télétravail que les tâches manuelles. 

Cette étude pourrait interroger sur l’efficacité de la mise en place de nouvelles mesures de restrictions, confinement ou couvre-feu.