ESA : quelles missions pour les nouveaux astronautes européens ?

Représentation d'un astronaute au Kennedy Space Center, États-Unis. Source : Brian McGowan, 16 février 2020.

 

Après 13 ans sans choisir de nouveaux astronautes, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) lancera une campagne de recrutement le 28 mars 2021. L’agence espère trouver pour les missions futures 4 à 6 nouveaux personnels « titulaires » et environ 20 « remplaçants » avec des critères bien spécifiques.  

Y aura-t-il un Français dans les futurs astronautes de l’ESA ? Impossible à dire. En revanche, on a déjà une idée assez précise de ce que ces jeunes recrues seront amenées à faire.
Selon le responsable de l’exploration humaine et robotique de l’ESA Didier Schmitt, les nouveaux astronautes auront des missions assez similaires à ce que font déjà leurs aînés. L’utilité fondamentale de ce recrutement est d’assurer la continuité des savoirs et des compétences au sein de l’ESA. “Le processus de transmission est assez long, ça se compte en années pour que les nouveaux venus soient complètement opérationnels, il faut donc s’y prendre bien en avance. C’est le bon moment”, explique Didier Schmitt. L’aide au développement de nouveaux systèmes est aussi une part importante du métier d’astronaute, qui s’exerce pour l’immense majorité du temps sur la terre ferme.

Les vols restent néanmoins la partie la plus impressionnante du métier. Les futurs membres de l’ESA devraient être servis. La génération actuelle — celle de Thomas Pesquet – est celle qui a le plus volé dans l’histoire de l’ESA grâce à la Station Spatiale Internationale (ISS). La prochaine devrait marcher dans ses pas et voler autant si ce n’est plus. Le plus passionnant sera sans doute les trois séjours négociés par l’ESA avec la NASA sur Gateway, le projet de station orbitale lunaire. Comme l’agence européenne fournira presque la moitié des systèmes de cette mission, elle pourra y envoyer ses astronautes à trois reprises, pour des séjours de 15 à 90 jours après 2025.

Vers une “Génération Mars” ?

L’ESA négocie aussi sa participation à la mission américaine Artemis, qui a pour but de fouler à nouveau le sol lunaire d’ici 2025. A terme, les Européens pourraient aussi ambitionner de développer leurs propres missions lunaires, mais les projets sont encore en discussion et “les missions seront plutôt assurées par les astronautes seniors, plus expérimentés”, a affirmé Didier Schmitt lors d’une conférence de presse.

Après la Lune, le regard du monde entier se tournera vers Mars. Les Américains imaginent déjà un vol habité d’ici à 2035, et l’ESA commencera à y réfléchir en 2025. Les nouvelles recrues constitueront donc peut-être la “génération Mars” de l’agence européenne, après avoir été aguerries sur d’autres missions. Les vols les plus fréquents pour les astronautes de l’ESA resteront les missions sur l’ISS. Les nouveaux accords octroient un séjour de longue durée (au moins 6 mois) tous les 18 mois à un membre de l’agence européenne. Les Américains souhaitent se désengager progressivement de l’ISS, en fin de vie, d’ici 2025, ce qui laisserait plus de rotations aux Européens pour gérer son démantèlement. En y ajoutant les missions de support logistique qui vont se multiplier pour les objectifs Lune et Mars, les recrues ont un bel avenir extraterrestre devant elles.