Et si le Covid ne disparaissait jamais ? 

Crédits :  vperemen. Devrons-nous porter des masques toute notre vie ?

 

Les vaccins seront-ils efficaces face aux nouveaux variants du Covid-19 ? De nouveaux variants vont-ils se développer ? Pour certains spécialistes, il existe des raisons de croire que le SARS-CoV-2 ne disparaîtra jamais.

Nous avons rêvé sa fin. Mais les variants sont arrivés. Les vaccins viennent à peine d’être autorisés que les laboratoires songent déjà à les adapter aux nouvelles formes du virus. Combien de temps les vaccins protègent-ils ? Sont-ils efficaces ? De nouveaux variants, résistants aux vaccins, vont-ils venir tout gâcher ? Les incertitudes sont nombreuses sur la pandémie, déjà présente depuis plus d’un an dans notre quotidien.  Et si le coronavirus ne disparaissait jamais ? Pour la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Andrea Ammon : “ il semble maintenant plus probable que le virus reste” plutôt qu’il ne disparaisse. “Il semble très bien adapté aux humains. Donc nous devons nous préparer à ce qu’il reste parmi nous”, a précisé la responsable de l’agence sanitaire européenne à l’AFP vendredi 12 février dernier. “Ce ne serait pas le premier virus à rester parmi nous pour toujours”.

Le vaccin pourrait ne pas être la panacée

Les vaccins permettent de réduire le risque de contracter le Covid-19, mais les scientifiques ne savent pas encore s’ils empêchent également la transmission du virus ni dans quelle mesure. Pour Andrea Ammon, “cela va prendre quelques mois. Des études sont en place, mais il faut un plus grand volume de gens vaccinés pour pouvoir suivre”. Tout comme la grippe saisonnière, les vaccins pourraient être adaptés chaque année aux variants résistants. “Il est possible que la même chose se produise, ou bien qu’à un moment donné [le virus] se stabilise et que nous puissions utiliser un vaccin pour une longue période”, précise-t-elle. Mais l’industrie pharmaceutique sera-t-elle capable de s’adapter rapidement aux nouveaux variants alors que la production accuse déjà des retards ? Seulement 2,5% de la population mondiale a été vaccinée en presque deux mois.

Si en Asie et en Océanie, la situation semble s’être stabilisée, le bilan européen est bien plus mauvais. Pour la directrice de l’ECDC, tous les États de l’Union — à l’exception de la Finlande – se trouvent encore dans une situation épidémiologique “sérieuse”. L’objectif de la Commission européenne est de vacciner 70% des Européens adultes d’ici la fin de l’été. Alors que selon le dernier pointage des données officielles du vendredi 12 février dernier, seuls 3% des habitants de l’UE avaient reçu au moins une dose, et 1,4% les deux, depuis le début de la campagne de vaccination fin décembre.

Nombre de cas confirmés de Covid-19 cumulés, par million d’habitants, au 15 février 2021.

Pour la coalition internationale EndCoronavirus, vacciner sans confiner est la méthode douce pour endiguer l’épidémie.  Les bénévoles de l’organisation soutiennent une méthode plus agressive. Ils croient à un monde “Zéro Covid” grâce à la mise en place de mesures plus contraignantes, notamment via un confinement très strict de cinq semaines et des restrictions de voyages de la part d’habitants de zones à risques. Certaines de ces méthodes semblent avoir fonctionné en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Cambodge, au Vietnam ou encore à Taïwan.

Mais les Européens sont-ils prêts à affronter de nouvelles restrictions pour venir à bout du coronavirus, sans certitudes de résultats ? Ce lundi 15 février, une ville néo-zélandaise, Auckland, reconfinait sa population pour trois jours. Même dans les pays qui s’en sortent le mieux, la Covid-19 n’a pas totalement disparu. Sera-t-il un jour possible de venir à bout de cet étrange virus ? Andrea Ammon conclut : “C’est encore un tableau contrasté (…) Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines”.