“Il n’y a pas de parcours type” : et si vous deveniez astronaute ?

Mercredi 16 février, l'Agence spatiale européenne (ESA) a officiellement lancé sa quatrième campagne de recrutement d'astronautes. Quatre à six candidats seront retenus à l'issue du processus de sélection qui débutera le 31 mars. Des places rares et convoitées, qui demandent de nombreuses aptitudes.

En 2016, Thomas Pesquet devenait le 10ème Français à rejoindre l’espace. A l’époque, c’est une révélation pour Mathilde Guitton. “Aller dans les étoiles, c’était un rêve de gosse qui s’était amenuisé avec le temps et la difficulté”, raconte la jeune femme de 19 ans. “En voyant Thomas Pesquet, je me suis dit que ce n’était pas impossible”. Depuis, l’aspirante astronaute travaille dur. Elle a rejoint cette année Supaero, une grande école d’ingénieurs toulousaine par laquelle sont passés plusieurs astronautes, y compris Thomas Pesquet.

Face à la nouvelle campagne de recrutement de l’ESA, l’étudiante reste évidemment lucide. “J’ai encore pas mal de temps” glisse-t-elle. Car pour espérer être choisi, le chemin est long. Un an et demi de sélection et pas moins de 6 épreuves physiques, psychologiques et de compétences.

Et les conditions nécessaires pour postuler sont en elles-mêmes déjà précises. Pour espérer franchir la ligne d’arrivée, les candidats doivent être âgées de préférence de 27 à 37 ans, avec une limite fixée à 50 ans. Pas de seuil minimum, mais un master en sciences naturelles et au moins trois ans d’expérience professionnelle sont  requis.

Naturellement, une santé solide est demandée, mais sans qu’il ne soit nécessaire d’être un sportif de haut niveau. En revanche, une vue et une ouïe irréprochables sont demandées. Le candidat ou la candidate ne doit souffrir d’aucune dépendance.

Autre critère : les aptitudes linguistiques. Un excellent niveau d’anglais est demandé, et la connaissance d’une autre langue étrangère, notamment le russe, est fortement recommandé. Une étape qui n’a pas échappé à Mathilde : “Je parle anglais et français, je me suis remise sérieusement à l’allemand et j’ai commencé le russe.”

« Il n’existe pas de parcours type »

Il existe de nombreux chemins pour devenir astronaute. Jean-François Clervoy, l’un des dix Français à avoir voyager dans l’espace, explique : “Il n’existe pas de parcours type. Tous les astronautes ont eu un métier avant. Il faut juste être capable de comprendre et apprendre très vite. C’est pour ça que les métiers concernés sont assez variés : ingénieur, vulcanologue, océanographe, chirurgien cardiaque…”. Et Mathilde Guitton en a bien conscience : “On ne sait pas ce qui sera demandé aux astronautes dans 15 ans, donc je préfère me spécialiser dans les domaines scientifiques que je préfère, pour garder ma motivation.”

Les compétences demandées sont nombreuses. Patience, résistance au stress, capacité à éviter les conflits,  à travailler en milieu confiné et au sein d’un groupe multiculturel, flexibilité, adaptation. “Le premier prérequis nécessaire, c’est de sentir au fond de ses tripes qu’on ait fait pour ça”, résume Jean-François Clervoy.

Et pour Mathilde Guitton, cette étape est déjà franchie. L’aspirante astronaute l’assure déjà : “Même si je dois attendre 95 ans pour pouvoir aller voir l’espace, j’attendrai.”