L’aviation craint la 5G

Avion Ryanair à l'aéroport de Marseille-Marignane - Wikipédia - 2011

 

La Direction générale de l’aviation civile estime que les appareils équipés 5G pourraient perturber le fonctionnement des altimètres des avions.

“Mesdames, messieurs, nous allons bientôt décoller. Nous vous remercions de mettre vos téléphones et autres appareils électroniques en mode avion”. Une phrase qui, pour la plupart, paraît bien lointaine depuis le début de la pandémie et les restrictions des vols commerciaux. À l’inverse, elle pourrait résonner davantage pour ceux qui continuent d’emprunter les rares liaisons disponibles.

La semaine dernière, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a adressé un document de prévention aux compagnies aériennes. Il y est notamment mentionné que “tous les appareils électroniques compatibles en 5G (soient) en mode avion ou éteints” à bord des appareils.

La DGAC recommande d’éteindre les appareils compatibles à la cinquième génération de réseaux mobiles sur toute la durée d’un vol. Elle constate qu’à 10.000 mètres au-dessus de la terre, “l’utilisation d’appareils 5G à bord des aéronefs pourrait conduire à des risques d’interférences conduisant à des erreurs potentielles sur les mesures d’altitude”.

L’administration cherche donc à prévenir les interférences avec les appareils de navigation pour éviter de potentielles catastrophes ; plus particulièrement en fin de vol. Elle estime que les ondes 5G seraient en mesure de provoquer des erreurs “particulièrement critiques lors des phases d’atterrissage aux instruments”. Le possible phénomène, serait dû à un “brouillage de signal par une onde de fréquence proche et de puissance comparable ou supérieure à celle des radioaltimètres” présents à bord.

En conséquence, l’organisation explique avoir “cadré les conditions de mise en œuvre des antennes 5G sur le territoire afin de maîtriser ces risques d’interférence”. Pour garantir une certaine sécurité, les antennes 5G en déploiement à proximité des 17 aéroports certifiés pour des opérations d’atterrissage dits “tous temps” seront bridées. À comprendre que les niveaux d’émission d’ondes seront moins importants que ceux des quelque 8.600 sites 5G que compte le territoire français.

Avec un réseau effectif depuis décembre 2020, le déploiement de nouvelles antennes et les craintes que cette technologie implique, la 5G n’a pas fini de faire parler d’elle.