Le prochain astronaute européen pourrait être handicapé

L'astronaute allemand Alexander Gerst se prend en selfie, à côté de la Station spatiale internationale. (Photo ESA libre de droits)

 

Pour la première fois depuis onze ans, l’Agence spatialee européenne a annoncé ce mardi 16 février l’ouverture d'un processus de recrutement de nouveaux astronautes. Cette année, les candidatures seront également ouvertes aux personnes handicapées.

Le futur Thomas Pesquet sera peut-être handicapé. Pour la première fois depuis sa création, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ouvre sa campagne de recrutement d’astronautes aux personnes handicapées. “Aujourd’hui, nous sommes au niveau zéro. Notre porte est fermée aux personnes handicapées”, avoue l’agence dans un communiqué de presse. “Avec ce projet, notre ambition est d’ouvrir cette porte et de faire un saut, en passant de zéro à un.

Via son projet “parastronautes”, l’ESA ouvre sa porte aux personnes ayant une déficience des membres inférieurs, si celle-ci se trouve sous le genou, et aux personnes mesurant moins d’un mètre trente. “Dans l’espace, on n’utilise que très peu les membres inférieurs”, a indiqué Jean-François Clervoy, astronaute de l’ESA, à CFJ Lab, avec trois missions spatiales en compagnie de la NASA à son actif. “Le projet parastronaute consiste à identifier une ou plusieurs personnes aussi performantes que les autres au niveau de la tête et des bras, mais qui pourraient avoir un handicap au niveau des membres inférieurs.”

Cette décision s’inscrit dans le projet de l’agence de rendre son équipe d’astronautes plus diversifiée. En plus d’inviter les personnes handicapées à s’inscrire, l’ESA a incité les femmes à devenir candidates. “S’il y a bien une chose que l’on a apprise en travaillant sur la Station Spatiale Internationale, c’est que la diversité apporte une grande valeur. Inclure des personnes ayant des besoins spéciaux signifie également profiter de leur expérience extraordinaire et de leur capacité à s’adapter à des environnements difficiles.”

Des structures qui nécessitent d’être adaptées

Si Jean-François Clervoy salue cette initiative, il met en garde sur la faisabilité de ce projet. “Aujourd’hui, les véhicules, les scaphandres et les systèmes de sauvetage ne sont pas conçus pour des personnes handicapées”, explique l’astronaute. “Ce projet nécessite de regarder ce que ça représente comme effort financier et technique, de redéfinir certains équipements pour qu’ils soient utilisables. ”

Malgré l’enthousiasme de son offre d’emploi, l’ESA avoue ne pas être en mesure, à l’heure actuelle, de pouvoir garantir à une personne handicapée de rejoindre une mission spatiale. “Concrètement, nous avons commencé ce projet avec l’objectif de mettre en lumière les nombreuses interrogations à ce sujet et de clarifier les prérequis pour rendre les missions spatiales d’un astronaute handicapé sures et utiles.”, explique l’agence dans un communiqué. L’agence européenne a notamment travaillé aux côtés du comité international paralympique pour définir les besoins des personnes handicapées ainsi que les missions qui pourront leur être adaptées. “Lorsque ces prérequis auront été clarifiés, que nous nous serons adaptés, nous espérons pouvoir ouvrir la voie qui permettra à ces astronautes de voler vers l’espace”.