Les maladies hivernales freinées par les gestes anti-Covid

by Brittany Colette on Unsplash

Port du masque, lavage des mains plus fréquent et vie sociale réduite, le nombre de cas de grippe et de gastro-entérite a nettement chuté cette année grâce à l’application des gestes barrières.

À la rentrée, les médecins redoutaient de voir leur salle d’attente se remplir de patients à cause du début de la saison des virus hivernaux. Mais depuis octobre dernier, seul 13 cas de grippe ont été avérés sur 31 571 prélèvements naso-pharyngés effectués à l’hôpital selon Santé publique France. Un chiffre bien en deçà des 2 000 cas recensés à l’hiver 2019–2020. Ces chiffres ne représentent qu’une partie des contaminations mais font prendre la mesure de cette baisse importante.

Les gestes barrières sont grandement responsables du faible nombre de cas de grippe, gastro-entérites et bronchiolites. “Les mesures que l’on applique pour contrôler l’épidémie de Covid-19″, tels que le port du masque, la distanciation physique et le lavage des mains, “vont avoir un impact sur la circulation des virus respiratoires en général”, affirme Pascal Crépey épidémiologiste à l’Ecole des Hautes études en Santé publique à l’AFP. Le mois dernier, Santé publique France ne notait pas de circulation active du virus de la brionchiolite en métropole.

La généralisation de l’usage de gel hydroalcoolique et d’un lavage des mains plus fréquent peut aussi expliquer l’absence d’épidémie de gastro cet hiver. Les mesures barrières généralisées pour combattre le Covid-19 sont ainsi également utiles contre d’autres virus hivernaux qui provoquent les grippes ou les gastro.

La circulation des virus hivernaux est imprévisible

On peut aussi penser que la chute nette des contaminations pas les virus d’hiver, et notamment celui de la grippe saisonnière, pourrait s’expliquer par l’augmentation de la vaccination. Mi-décembre, Santé publique France avait indiqué que la vaccination anti-grippe a bondi en 2020 chez les personnes à risques. Conséquence des recommandations des autorités pour éviter l’engorgement des services d’urgence déjà occupés par la pandémie, la vaccination ne peut expliquer à elle seule cette baisse drastique des contaminations grippales. 

En France, la grippe survient sous la forme d’épidémies saisonnières entre le mois de décembre et avril et touche en moyenne 2,5 millions de personnes chaque année. Les outils de recensement des virus d’hiver ont été redirigés sur le virus du SARS-CoV‑2 au début de l’année dernière, Santé publique France qui étudie d’habitude la période hivernale de octobre à avril a interrompu son décompte en mars 2020. Mais cela ne suffit pas à expliquer les petits chiffres de cette année. Malgré cette baisse, le virus de la grippe reste néanmoins présent, 3 700 décès ont été attribués à la grippe depuis le début de l’épidémie de Covid-19 (contre 8 000 environ en 2019).

L’ampleur et l’impact ces épidémies hivernales sont très variables d’une année à l’autre et imprévisibles. Il y a en effet des « hivers à grippe » et d’autres où le virus circule moins sans que l’on ne sache encore l’expliquer.