Patrimoine de l’Unesco : la baguette et les toits de Paris en lice pour représenter la France

La baguette de pain - Crédits : Philippe Ramakers - Pixabay - 24 juin 2017

 

Les trois candidats en lice pour une présentation au patrimoine immatériel de l'Unesco en 2022 ont été révélés mardi 16 février. Entre la baguette et les toits en zinc, une rude concurrence s'annonce. A moins que la fête vinicole du Biou d'Arbois ne l'emporte...

Boulangers, couvreurs zingueurs et vignerons s’affrontent pour voir leurs savoir-faire triompher. Qui de la baguette de pain, des toits de Paris ou du plus confidentiel Biou d’Arbois sera le champion français pour faire partie du patrimoine immatériel de l’Unesco ?

Parmi ces trois concurrents, la France ne pourra en présenter qu’un seul à la Commission du patrimoine culturel immatériel, courant 2022, en vue de son classement. Elle ne peut en outre déposer de candidature qu’une fois tous les deux ans. Et pour cause, avec 23 pratiques et expressions culturelles recensées, l’Hexagone détient le plus grand nombre d’éléments de patrimoine immatériel reconnus par l’Unesco en Europe, et le deuxième mondial, derrière les 41 labels de la Chine.

Selon une information du Parisien, ce sera à la ministre de la Culture Roselyne Bachelot de trancher. Elle devra à la mi-mars soumettre son choix au président de la République, qui le validera ou non.

LA BAGUETTE, SOUTENUE PAR LE PRÉSIDENT

C’est Dominique Anract, le président de la confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNBPF), qui porte la candidature de la baguette vers une reconnaissance internationale depuis plus de quatre ans. Mais elle dispose d’un soutien de poids : celui d’Emmanuel Macron.

Le 13 janvier dernier, le responsable s’est exprimé sur le sujet lors de la traditionnelle réception des maîtres boulangers à l’Elysée pour l’Epiphanie. “Oui, je défendrai et présenterai la baguette française à l’Unesco parce que j’y crois, a‑t-il argué. C’est un savoir-faire qui irrigue notre pays, tous nos territoires. (…) La baguette, nous la proposerons avec toutes ses caractéristiques et ses 250 grammes de perfection et de magie.” C’est d’ailleurs à la suite de cette déclaration que la baguette a décroché le sésame pour faire partie de cette sélection. Le vendredi 12 février, cet incontournable Français avait été inscrit à l’Inventaire national des biens culturels immatériels après avoir été retoqué une première fois en novembre.

LES TOITS EN ZINC, UN EMBLEME PARISIEN

Plus de 70 % des immeubles de Paris sont recouverts de zinc depuis le milieu du XIXe siècle. De quoi les entériner comme un élément clef de l’image de carte postale de la capitale. Mais c’est plutôt le savoir-faire des zingueurs couvreurs et ornemaniste qui est en lice vers une reconnaissance de l’Unesco, pour la deuxième fois.

Une opportunité qui pourrait remettre en lumière et revaloriser cette profession en perte de vitesse : “Tous les matins, il manque 500 couvreurs sur les toits de Paris et des milliers dans toute la France”, selon Meriadec Aulanier, délégué général du syndicat Génie climatique couverture plomberie (GCCP), qui porte cette candidature, au journal Le Parisien. Il espère “Revaloriser les métiers de couverture, créer des vocations chez les jeunes et assurer la transmission de ce savoir-faire traditionnel.”  D’un symbole de la culture française à l’autre, c’est d’ailleurs les ornemanistes qui sont chargés de reconstruire à l’identique la flèche de Notre-Dame de Paris, brûlée dans l’incendie du 02 avril 2019.

LE BIOU D’ARBOIS FÊTE L’APPROCHE DES VENDANGES

Troisième concurrent, le moins célèbre mais tout aussi traditionnel Biou d’Arbois, fête vinicole de l’Est de la France. Un événement qui a lieu chaque année à Arbois, commune du Jura d’un peu plus de 3.000 habitants. Cette fête était à l’origine médiévale et religieuse, célébrée le jour de la saint Just, saint patron d’Arbois. Elle se tient aujourd’hui chaque premier dimanche de septembre, à l’approche des vendanges : chaque vigneron des alentours cueille sa plus belle branche de raisin blanc et de raisin noir, pour assembler, le premier dimanche de septembre, toutes ces branches en un biou géant. Le Biou d’Arbois fait partie depuis septembre 2019 de l’Inventaire national des biens culturels immatériels.

Si le Biou d’Arbois est porté par une communauté moins importante en termes de nombre que la baguette et les toits en zinc, la spécificité ethnologique qu’il représente est, selon le ministère de la Culture, un argument de taille. Verdict dans quelques semaines.