Procès de Georges Tron : cinq ans de prison requis en appel

Malgré les accusations de viols et agressions sexuelles, Georges Tron s'est toujours maintenu à la tête de la mairie de Dravel - SOURCE : Le Figaro - mars 2015

 

L’ancien secrétaire d’État est jugé en seconde instance pour viols et agressions sexuelles au palais de justice de Paris. Ce mardi, le ministère public a réclamé une peine de cinq ans de prison, dont trois avec sursis.

Le ministère public a requis ce mardi une peine de cinq ans de prison, dont trois avec sursis, contre l’ex-secrétaire d’État Georges Tron, poursuivi pour viols et agressions sexuelles. Deux ans de prison ont également été requis à l’encontre de Brigitte Gruel, ex-adjointe à la Culture.

Depuis trois semaines, la justice tente de faire la lumière sur des faits compris entre 2007 et 2010. Selon deux anciennes employées de la commune de Draveil (Essonne), le maire Georges Tron leur a imposé des attouchements et pénétrations digitales, généralement lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la culture d’alors, Brigitte Gruel. Ces accusations avaient contraint Georges Tron à démissionner du gouvernement Fillon en mai 2011.

Pour l’avocat général Jean-Christophe Muller, “ce dossier fait se mêler tout à la fois la politique, la morale et le droit”. Le magistrat a demandé que les deux ans de peine non couverts par le sursis soient effectués sous bracelet électronique. En cause : le “mécanisme d’emprise” qu’a exploité Georges Tron lors de ses relations avec les deux anciennes employées. Ça n’est pas un effet de mode de parler d’emprise, c’est une réalité, une modalité de la contrainte”, a déclaré Jean-Christophe Muller. Cet aspect constitue notamment l’une des caractéristiques du viol et de l’agression sexuelle selon le Code pénal.

Les accusés acquittés en première instance

L’accusation a aussi requis deux ans de prison avec sursis contre Mme Gruel. Celle-ci a néanmoins considéré que Brigitte Gruel n’était “pas coupable des faits de viols en réunion, ni de complicité de viols en réunion”, Georges Tron n’ayant selon lui “besoin ni d’aide ni d’assistance pour parvenir à ses fins”, selon Le Figaro.

Les accusés, qui clament leur innocence depuis dix ans, avaient été acquittés en première instance en novembre 2018, à Bobigny. Bien que jugeant crédible l’existence de scènes sexuelles, la cour d’assises de Saint-Denis n’avait pas prouvé l’existence de contraintes.

L’audience se poursuivra cet après-midi avec les plaidoiries des avocats de la défense. Mercredi, la cour d’assises entendra les derniers mots des accusés avant de délibérer. Elle rendra son verdict dans la journée.