Retour des beaux jours : les citadins prennent la clef des champs malgré le Covid-19

Légende : Les Parisiens profitent du retour des beaux jours pour quitter la capitale et s'aérer quelques jours à la campagne. SOURCE : Crédits photo Pixabay.

 

Avec le retour des beaux jours, les départs en weekend de dernière minute se multiplient. Prendre l’air, voir du pays ou rejoindre sa famille, toutes les excuses sont bonnes pour quitter la morose rengaine du « métro-boulot-dodo ».

Respirer. Derrière leurs masques, les citadins français n’ont que ce mot à la bouche. Depuis quelques jours, le soleil donne des envies d’ailleurs. Haro sur les réservations de logements au grand air malgré les restrictions sanitaires.

Paupières closes et sourire étiré, Amandine Mazard, 23 ans, s’y voit  déjà. Les champs encore enneigés, l’air frais qui brûle légèrement le nez, les chiens qui batifolent et le timide soleil de mi-février. Dans une semaine, elle part en weekend à Brignais, en région Auvergne-Rhône-Alpes, rejoindre sa cousine. “La dernière fois que je suis partie, c’était à Noël. Je sature, c’est horrible de rester enfermée en permanence”, souffle-t-elle en reprenant ses esprits.

Etudiante en master à Montpellier, elle suit des cours en ligne de 8 heures à 18 heures. Avec le couvre-feu, impossible de mettre un pied dehors. “Je veux simplement sortir de chez moi, respirer l’air frais et passer du temps avec des gens que j’aime”, résume-t-elle. Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, la consommation de tranquillisants et de somnifères a augmenté de 5 à 8 % selon l’Agence du médicament et l’Assurance maladie. Pour Amandine, un bon bol d’air devrait suffire.

Boom des réservations

La future professeure des écoles a choisi le covoiturage pour descendre de la capitale. Les prix sont plus élevés que d’habitude, mais peu importe, c’est toujours moins cher que le train. Les rails ne sont pourtant pas boudés par les Français en quête de dépaysement. “Le premier samedi des vacances, nous avons vendu 2,3 millions de billets, contre 4 millions en 2019 à la même date, précise Céline Pasqualini, Directrice des relations médias de la SNCF. Mais il faut noter que par rapport aux chiffres de cette année, les ventes se sont accélérées depuis une dizaine de jours”.

Sur la toile, Covid ou non, les plateformes de réservation ne cessent elles aussi d’être visitées. “Les chiffres sont au beau-fixe”, explique Hugo Vincent, responsable gestionnaire du guide de tourisme et d’hébergements en ligne français Cybévasion. Avec 3,2 millions de visites sur le site ce dernier mois, il affirme que l’activité reste à l’équilibre. “En ce moment, les gites fonctionnent bien parce que ce sont des logements indépendants, mais c’est plus dur pour les chambres d’hôtes dont le principe est de partager des moments avec les propriétaires”, nuance le gestionnaire.

Les gîtes ont la cote

Lorsque Marko Ristic, est parti à Longaulnay, en Bretagne, il y a deux semaines, avec 7 amis, le gite était effectivement la meilleure solution. “On voulait absolument être au calme et trouver un logement isolé qui se suffisait à lui-même”, témoigne-t-il. Comme beaucoup de citadins, le commercial de 30 ans, est devenu adepte des weekends en dehors de Paris, où il réside. “Ma vie a beaucoup changé pendant la semaine, alors le weekend, j’en profite”, confie-t-il.

Par rapport à l’année dernière, les demandes de réservations de chambres d’hôtes ont chuté de 65%, mais l’activité des gites est passée du simple au double, détaille Bénédicte Bordas, responsable communication de la Fédération nationale des gîtes de France. Sur le fond, l’offre est la même, mais sur la forme, il faut jongler avec les réservations d’extrême dernière minute et le protocole sanitaire.  “Les propriétaires sont dans les starting block, plaisante Bénédicte. Pour les beaux jours qui arrivent, on a de super taux de réservation, en particulier en basse montagne.”

Pauline Masson, son copain et un couple d’amis ont choisi l’Auvergne. Dans deux semaines, bye bye Poitiers, cap sur Gimeaux et ses 401 âmes. La petite bande attend le mini-séjour avec impatience. “En ce moment, mon plus grand rêve, c’est de pouvoir aller boire un verre au bar ou manger au restaurant”, soupire Pauline en souriant. En attendant, elle catalyse ses envies vers le petit chalet auvergnats où elle compte bien lever son verre à la fin de la crise.