Zones sans contrôle d’identité : La France Insoumise en débat

Drapeau mêlant celui de la République française et de la France insoumise en 2017. Photo Tyseria

 

La proposition de la Défenseure des droits Claire Hédon a fait réagir plusieurs députés du parti d’extrême-gauche, qui s'accordent pour une mise en place d'un récépissé.

Des « zones sans contrôle d’identité » ? « Pourquoi pas », a déclaré ce matin Adrien Quatennens, numéro 2 de La France Insoumise (LFI). Invité sur BFMTV et RMC, le député du Nord s’est prononcé sur cette proposition de la Défenseure des droits Claire Hédon. « Qu’on expérimente des zones où il n’y aurait pas de présence policière ; ça se travaille, mais pourquoi pas », a‑t-il débuté, avant d’ajouter qu’ « on n’a jamais vu, ou en tout cas très peu, un bandit ou un grand voyou être interpellé lors d’un contrôle d’identité ».

Eric Coquerel, son collègue député, s’est dit quant à lui « pas d’accord avec la position de la Défenseure des droits » concernant les zones sans contrôle. Il milite cependant pour la mise en place d’un récépissé, une proposition également défendue par Claire Hédon. « 95% des contrôles ne débouchent sur rien », a‑t-il affirmé, reprenant les statistiques de la Défenseure des droits. « J’ai fait une proposition de loi [sur le récépissé, ndlr] à l’Assemblée début 2020 […] maintenant qu’on la mette en application ».

Une annonce polémique

Si des associations comme SOS racisme soutiennent la mise en place de ces zones sans contrôle, afin de « sortir des fantasmes » selon les mots du secrétaire général Dominique Sopo, dans la majorité présidentielle et à droite, la proposition suscite la polémique. « Ce serait un recul terrible pour la République », a déclaré le patron de La République en marche (LREM) Stanislas Guerini, tandis qu’il s’agit « d’une idée délirante » pour le député Les Républicains (LR) Eric Ciotti.

Face aux critiques, Claire Hédon a souhaité ce matin sur Europe 1 clarifier son propos. « Je n’ai jamais souhaité mettre fin aux contrôles d’identité. J’ai simplement évoqué l’absence dans certaines zones de contrôles d’identité sans traçabilité. Bien sûr qu’il y a des moments où il faut ces contrôles […] Mais ça ne veut pas dire contrôler l’identité en permanence », a‑t-elle expliqué.