À Valbonne, l’école d’ostéopathie au coeur d’un scandale sexuel

Un calme olympien. Sur le campus de l’école d’ostéopathie Atman, seuls quelques pas pressés se font entendre. À l’entrée, sous les palmiers, les passages se font rares. Les bavardages, discrets. Au centre, une statue en forme d’os accueille les visiteurs. Une figure dont le blanc immaculé contraste avec les sombres scandales qui entachent depuis plusieurs mois déjà la réputation de l’établissement valbonnais et de son directeur, Marc Bozzetto. 

Accusé de viols et agressions sexuelles, l’homme aujourd’hui âgé de 80 ans est visé depuis fin janvier par une instruction judiciaire ouverte par le parquet de Grasse. Plusieurs femmes, étudiantes et patientes, affirment que des séances auraient tourné aux attouchements sexuels. Des allégations que conteste ce pionnier de l’enseignement de l’ostéopathie, autrefois président de la Fédération des ostéopathes, son avocate faisant valoir auprès de l’AFP qu’il n’a pour l’heure été “ni convoqué ni mis en examen”.

Au-delà des frontières

Tout commence en 2016, de l’autre côté de l’Atlantique. À Montréal, une jeune femme porte plainte contre Marc Bozzetto pour des agressions sexuelles lors d’un congrès de spécialistes organisé au Québec par le renommé Collège d’études ostéopathiques. En 2018, la jeune femme décide de sortir du silence et porte plainte. Mais ce n’est qu’après une enquête fouillée de l’antenne régionale de France 3 que le scandale éclate en France, avec plusieurs témoignages d’étudiantes mettant en cause le directeur de l’école.

Les jeunes femmes expliquent avoir vécu une séance de soins particuliers qui se serait conclue par des attouchements sexuels. Masturbations non consenties et manipulations sur la zone pelvienne sont notamment dénoncées par les plaignantes. Mais craignant de ne pas ressortir diplômée de l’école, elles décident de ne rien dire. “Je comprends qu’elles ressentent cette emprise. L’ambiance était particulière au sein de l’école. Je me rappelle de certains discours qui ressemblaient plus à un bourrage de crâne qu’à de l’enseignement. C’est pour cette raison que j’ai quitté l’école prématurément”, se remémore Amélie*, ostéopathe dans le bassin niçois.

Toujours est-il que, des mois plus tard, les deux victimes présumées se décident à parler et porter plainte. Fin 2019, selon France 3, deux nouvelles plaintes sont déposées pour des accusations similaires. L’affaire prend alors de plus en plus d’ampleur et pousse d’autres femmes à prendre la parole. Parmi elles, Patricia, qui, voyant les langues se délier, décide à son tour de se tourner vers la justice et de raconter son histoire dans les colonnes de Nice-Matin ce mardi 16 février. Au total, outre ce témoignage, le journal recense à ce jour au moins six plaintes contre le directeur de l’école.