Assaut du Capitole : un élu démocrate porte plainte contre Trump

Photo : geralt / Pixabay

 

 

L'ex-président républicain, son avocat Rudy Giuliani et deux groupes d'extrême droite sont accusés par Bennie Thompson d'avoir encouragé l'assaut du Capitole.

Cinq morts. C’est le bilan dramatique de l’assaut du Capitole par les supporteurs de Donald Trump, le 6 janvier. Pour éviter que ces scènes de chaos ne se reproduisent, l’élu démocrate à la Chambre des représentants Bennie Thompson a porté plainte au civil mardi 16 février contre l’ex-président américain, son avocat Rudy Giuliani et deux groupes d’extrême droite, Proud Boys and Oath Keepers. Le chef de la commission sur la sécurité intérieure, présent dans le bâtiment le jour des faits, reproche aux accusés d’avoir “agi de concert pour fomenter et lancer une émeute au Capitole, en encourageant un rassemblement pour participer à un mouvement violent, ou en faire planer la menace, qui a mis en grave danger le plaignant et d’autres membres du Congrès”. La plainte a été déposée auprès du tribunal fédéral de Washington trois jours après l’acquittement de Donald Trump par le Sénat à l’issue de son procès en destitution.

“Nous ne pouvons pas autoriser les émeutes, juste parce que des personnes ne sont pas d’accord avec les résultats d’une élection. Ces personnes n’auraient pas dû envahir le Capitole pour arrêter la confirmation de l’élection. Ce n’est pas qui nous sommes”, a expliqué Bennie Thompson à CNN. Dans sa plainte, l’élu démocrate qualifie l’assaut du Capitole de “projet commun que les accusés poursuivaient depuis l’élection”. À coup de tweets, Donald Trump a, pendant plusieurs mois, nié sa défaite et contesté les résultats du scrutin présidentiel du 3 novembre 2020, accusant les démocrates de fraude. “Il a gagné parce que l’élection était truquée” réagissait le milliardaire sur Twitter le 15 novembre 2020, admettant pour la première fois l’élection de son adversaire Joe Biden. L’ex-président se défend en affirmant avoir appelé à manifester pacifiquement.

Une loi de 1871 pour protéger les Afro-américains

La plainte de Bennie Thompson s’appuie sur une loi de 1871, visant à protéger les Afro-Américains après l’abolition de l’esclavage en 1865, notamment contre la violence de groupes extrémistes comme le Ku Klux Klan. Les débats s’annoncent intenses devant les tribunaux car la loi a été très peu appliquée. L’avocat de Thompson, Jospeh Sellers est cependant confiant. “Le fait qu’il y ait très peu de précédent reflète à quel point les événements, qui ont donné lieu à ce procès, sont extraordinaires”, déclare-t-il à CNN. Du côté des accusés, Jason Miller, un conseiller de Donald Trump, a rejeté les accusations en rappelant son acquittement par le Sénat.