Castex promet qu’il n’y aura pas de zones sans contrôle d’identité

Photo Florian DAVID

Le Premier ministre balaie la demande d'expérimentation de zones sans contrôles d'identité émise par la Défenseure des droits.

C’est non. Le Premier ministre Jean Castex a promis “solennellement devant le Sénat et le pays” mercredi qu’il n’y “aura pas de zones sans contrôles d’identité”. Une réaction qui fait suite à la demande de la Défenseure des droits d’expérimenter des zones sans contrôles d’identité dans le but de lutter contre les discriminations.

La Défenseure des droits est une “autorité indépendante” et “il se trouve que le gouvernement de la République est également indépendant de la Défenseure des droits”, a déclaré Jean Castex lors des questions au gouvernement au Sénat. Plus tôt dans la journée, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait déjà indiqué que la “proposition” de la Défenseure des droits ne serait pas “suivie” par l’exécutif.

Déjà recadrée par Emmanuel Macron

Formulée la semaine dernière, la demande de la Défenseure des droits, Claire Hédon n’a pas trouvé écho auprès d’Emmanuel Macron à en croire des propos rapportés par le Canard Enchainé ce mercredi. “La Défenseure des droits a franchi les limites de l’imbécillité en suggérant de suspendre les contrôles d’identité dans certains quartiers. Elle a oublié qu’elle devait aussi défendre le droit”, se serait-il emporté en privé à propos de celle qu’il a pourtant nommée le 22 juillet dernier.

La proposition de la Défenseure des droits a provoqué l’ire des syndicats de police, estimant notamment que cela risquerait de “créer des zones de non-droit”. “Il ne peut y avoir des zones de droit et des zones de non-droit en France, explique au Figaro David Le Bars, secrétaire général du SCPN. Il n’est pas imaginable qu’en certains endroits il puisse y avoir des contrôles d’identité et ailleurs ne pas en avoir”.

Face à la polémique, la Défenseure des droits est revenue mardi sur sa proposition au micro d’Europe 1. “Je n’ai jamais souhaité mettre fin aux contrôles d’identité, a‑t-elle précisé. Bien sûr qu’il faut des contrôles quand il y a une atteinte à l’ordre public, quand il y un comportement suspect, quand il y a une réquisition de la part du procureur… Mais cela ne veut pas dire contrôler l’identité en permanence.” Sur France Info vendredi, elle avait déclaré que “dans 95% des cas, les contrôles d’identité ne donnent rien.”