Covid-19 : des chiens pour remplacer les tests

Le chien serait capables de détecter la Covid-19. SOURCE : Crédits : Capri23auto-Pixabay.

Dresser des chiens à détecter les personnes atteintes du coronavirus :  c'est le pari de l'Ecole nationale vétérinaire de Maisons-Alfort Pour Jeanne Brugère-Picoud, Professeure-vétérinaire et membre actif de l'Académie de médecine ce test canin "prometteur" pourrait bientôt remplacer le traditionnel test PCR, désagréable et pas toujours fiable.

Et si l’odorat canin pouvait détecter les cas positifs à la Covid-19… Incroyable ? Pas tant que ça. Une expérience, menée depuis mai dernier à l’Ecole nationale vétérinaire de Maisons-Alfort, part d’un simple postulat : le virus laisse une trace olfactive que les chiens pourraient détecter. Objectif du projet Nosaïs-Covid-19 : conditionner en quelques mois les canidés à l’odeur de la maladie pour isoler le plus rapidement possible le ou les cas positifs dans un groupe d’individus donné.

Un projet “prometteur”

Si les chiens sont capables de flairer la drogue ou la nourriture, ne seraient-il pas capable aussi de sentir des traces de la Covid-19 ? C’est la question que se sont posés le professeur Dominique Grandjean et son équipe.

Le principe de l’expérience est simple : quatre cônes métalliques sont accrochés au mur, avec à l’intérieur des prélèvements de sueur. Un seul est positif. Une fois cette étape validée, il faut s’assurer que les chiens réagissent bien à cette odeur et qu’ils puissent la reconnaitre facilement.

Pour  Jeanne Brugère-Picoud, vétérinaire de profession et Professeure à l’Académie de médecine, l’idée est ingénieuse puisque “le chien a des propriétés olfactives très développées. Il faut habituer ce dernier à une certaine odeur. S’il la trouve, il aura une récompense. C’est une méthode qui marche”, insiste-t-elle. Seulement quatre à six semaines sont nécessaires pour conditionner l’animal.

Si le projet est maintenant sous les projecteurs — Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France s’est rendue à l’Ecole de Maisons-Alforts ce mardi pour en constater les avancés -, il n’a pas débuté sous les meilleurs auspices. L’Académie de médecine reprochait à l’expérience son manque de base scientifique et l’absence de comparaison avec des tests classiques. Dans un communiqué, l’Académie jugeait le projet “prometteur” mais recommandait de compléter “l’évaluation scientifique et le développement de ce nouveau test afin de le mettre en œuvre dans les meilleurs délais”. Jeanne Brugère-Picoud, à l’origine de ce communiqué, s’explique : “Je croyais au projet de Dominique Grandjean mais il manquait une sérieuse validation scientifique c’est-à-dire des publications du Professeur validées et publiées dans une revue scientifique reconnue”.

Un test canin qui pourrait remplacer le test PCR

Pour obtenir cette validation scientifique, Dominique Grandjean s’est entouré d’une large équipe de vétérinaires, de maîtres-chiens ainsi que de médecins. Aujourd’hui, il bénéficie du soutien de nombreuses institutions : l’Académie vétérinaire de France, mais aussi  l’Académie de Médecine et de L’assistance Publique-Hôpitaux de Paris. “Collaborer avec des hôpitaux permet d’obtenir des diagnostics sur l’homme, choses que ne peuvent faire les vétérinaires seuls”, précise Jeanne Brugère-Picoud.

“Selon les chiens, on tourne entre 90 et 95% de réussite”, se félicite Dominique Grandjean dans les colonnes du Figaro. L’efficacité de ce projet semble être avérée. Près de dix chiens dressés à l’Ecole vétérinaire sont opérationnels. Pour les plus optimistes, ce “test canin” pourrait bientôt remplacer le traditionnel test naso-pharyngé. “Il est démontré que notre test peut être plus précoce que le teste PCR, affirme la professeure. “Les chiens ont la capacité de détecter la Covid dans un groupe, ce que ne peut faire un test PCR classique” poursuit-elle. Prochaine étape de l’expérience : déployer 350 chiens dans les Ehpad de France, pour procéder à un test non invasif, et de grande échelle.