Écriture inclusive : 60 députés appellent à l’interdire dans les documents administratifs

Crédits photo : Chabe01

Pour l'auteur de la proposition de loi François Jolivet (LREM), l’usage de cette forme d’écriture "brouille les messages" et "complexifie l'apprentissage de la langue française."

“Député.e.s”, “électeur.rice.s”, cette graphie inclusive risque de ne pas réapparaitre de sitôt dans les communications publiques. Et pour cause, soixante députés de la majorité et de l’opposition, essentiellement Les Républicains (LR), veulent l’interdire dans tous les documents administratifs et proscrire son usage pour les personnes morales chargées d’une mission de service public.

Remise en cause de la règle d’accord selon laquelle “le masculin l’emporte sur le féminin”, utilisation de mots neutres : pour ses promoteurs, l’écriture inclusive est un moyen de lutter pour l’égalité femmes/hommes. Une méthode que ne partage pas le député LREM François Jolivet, auteur de la proposition de loi, cosignée notamment par la présidente déléguée du groupe LREM Aurore Bergé et la vice-présidente LR de l’Assemblée nationale Annie Genevard. “Le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes est juste, mais les chemins qu’il emprunte sont parfois déroutants et inutiles”, écrit le député de l’Indre sur Twitter. L’écriture inclusive est un choix “personnel et militant” et “en rien majoritaire”, précise-t-il.

Pour l’auteur de la proposition de loi, l’usage de cette forme d’écriture “brouille les messages” et “complexifie l’apprentissage de la langue française.” Un argument repris dans l’exposé des motifs du texte qui précise que “les experts de la dyslexie, dyspraxie et dysphasie sont préoccupés et alertent sur les difficultés supplémentaires engendrées” par l’écriture inclusive. Dans un tweet, le député ajoute que les individus “malvoyants et aveugles sont inquiets de sa progression car les dispositifs de lecture qu’ils utilisent sont inopérants.”

Un air de déjà vu

L’ancien Premier ministre en avait fait une circulaire en novembre 2017, voilà maintenant une proposition de loi. Transmis ce mercredi à l’Assemblée nationale, le texte a surtout une portée symbolique. Son auteur en convient : il s’agit “d’alimenter le débat, sensibiliser et inciter les ministères à prendre des circulaires à l’instar d’Édouard Philippe en 2017”.

Dans cette circulaire sur “les règles de féminisation”, l’actuel maire du Havre invitait ses ministres, “en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive”.