Effondrement mortel de la scène de Madonna : quatre condamnations pour homicides involontaires

Photo : youngrobv, Flickr - 15/06/2012

 

Le jugement a été rendu près de 12 ans après la catastrophe qui a fait deux morts lors de la préparation d’un concert de Madonna à Marseille. 

L’accident remonte au 16 juillet 2009, lorsque le toit de la scène du concert de Madonna prévu trois jours plus tard s’est effondré sur la pelouse du stade Vélodrome de l’Olympique de Marseille alors qu’une cinquantaine d’ouvriers préparaient le lieu du spectacle. Charles Criscenzo, un Français de 52 ans, et Charles Prow, un Britannique de 23 ans sont morts sous 67 tonnes de décombres et huit personnes ont été blessées.

Le soir même, Madonna s’est dite “anéantie” et a adressé ses condoléances aux familles des victime, et le concert a été annulé.

Un rapport d’enquête remis en 2010 relève de multiples infractions au Code du travail. ” Leur nombre important montre l’imprévoyance, la négligence, l’incurie qui ont prévalu avant et pendant le chantier de montage “, a constaté le juge d’instruction en charge de l’enquête. Sous-estimation de la charge levée par la grue, problèmes de coordination, manque de formation des ouvriers… Les entreprises à l’œuvre ont commis de graves manquements selon les experts.

Quatre des sept prévenus, tous responsables dans les sociétés impliquées dans la catastrophe, ont été condamnés pour homicides et blessures involontaires par le tribunal correctionnel de Marseille ce mercredi 17 février. Un soulagement pour les familles des victimes qui déplorent un procès tardif, près de 12 ans après les faits.

Jacqueline Bitton, présidente de Live Nation France, filiale du géant américain de l’organisation de concerts, écope de la peine la plus sévère : deux ans d’emprisonnement avec sursis, 20.000 euros d’amende, et deux ans d’interdiction d’exercer sa profession. Tim Norman,  patron d’ESG — l’entreprise anglaise propriétaire de la scène et chargée de son montage, Mathieu Anton, gérant de Tours Concept France, l’entreprise chargée d’assister ESG, et Scott Seaton, le chef d’équipe recruté pour ce chantier par ESG ont également été condamnée à des peines de prison avec sursis doublées d’amendes.

Les entreprises Live Nation France et Tours Concept France doivent par ailleurs verser respectivement 150.000 et 50.000 euros d’amende.