La CEDH ordonne la libération “avec effet immédiat” de Navalny

Liza Pooor. 

En tant que signataire de la Convention européenne des droits de l’homme, Moscou a « l’obligation de respecter » cette décision. L'opposant russe a été condamné début février à trois ans de prison.

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a demandé au gouvernement russe la libération “avec effet immédiat” de l’opposant Alexeï Navalny, selon une décision rendue publique mercredi 17 février et relayée sur le blog de l’avocat et militant.

Alexei Navalny, de retour d’Allemagne où il avait été hospitalisé à la suite d’un empoisonnement, a été interpellé dès son arrivée sur le sol russe le 17 janvier dernier. Officiellement, celui-ci est accusé d’avoir enfreint les conditions de libération conditionnelle issues d’une accusation antérieure.

L’avocat opposant du Kremlin avait alors fait diffuser un documentaire depuis sa cellule dénommé “Un Palais pour Poutine”, où il critiquait allégrement l’enrichissement personnel du président russe sur fonds publics, et la pratique du pouvoir despotique de celui qui est à la tête du pays depuis 20 ans. S’en était suivie une vague de manifestations en Russie et à travers le monde, demandant la libération de Navalny, et dénonçant l’autoritarisme du régime.

Un « risque » pour la vie de Navalny

Le dernier épisode en date de ce feuilleton diplomatique digne de la guerre froide a eu lieu aujourd’hui. La CEDH a demandé la libération “avec effet immédiat” de l’opposant russe. La cour de Strasbourg précise dans un communiqué avoir “tenu compte de la nature et de l’ampleur du risque pour la vie” de Navalny. L’opposant avait déposé une plainte le 20 janvier dernier au motif que les conditions de détention dont il faisait actuellement l’objet “ne pouvaient fournir des garanties suffisantes pour sa vie et sa santé”.

Si la Russie, signataire de la Convention européenne pour la sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, texte fondateur de la CEDH, a pris l’habitude de se conformer aux jugements de Strasbourg, ce dernier rebondissement dans l’affaire Navalny pourrait changer la donne. Considéré comme une “ingérence grossière dans la procédure judiciaire russe” par le ministre de la Justice, sa libération aurait déjà été exclue.