La chasse aux sorcières se poursuit à Canal+

Crédits : Wikimedia Commons - Vincent Bolloré à la Global Conference

 

Trois pigistes de la rédaction sports de Canal+ ont été évincés ce lundi, révèle le site d'informations Les Jours. Le Syndicat National des Journalistes dénonce une inquiétante "répression".

Le 5 janvier dernier, les salariés de Canal+ manifestaient silencieusement derrière Stéphane Guy, leur collègue, remercié pour avoir apporté son soutien à Sébastien Thoen. Devant l’immeuble Canal+, le message affiché était le suivant : “Avec cette action silencieuse et anonyme, nous voulons signifier que nous sommes tous des Stéphane Guy potentiels, tous susceptibles d’être sanctionnés, licenciés abusivement”.

Quelques semaines plus tard, la riposte est claire : toute personne ayant apporté son soutien au chroniqueur Sébastien Thoen est susceptible de se faire licencier sans ménagement. Dernier épisode en date, le renvoi de trois pigistes lundi dernier, révèle le site d’informations Les Jours. L’actionnaire principal du groupe Canal +, Vincent Bolloré continue sa purge au sein de la rédaction sport.  Les journalistes sont coupables d’avoir signé un texte de soutien écrit par le Syndicat national des journalistes (SNJ) de Canal+, aux côtés de 150 confrères travaillant pour la chaîne. Ce même syndicat dénonce ce mercredi une “répression” et une volonté de “mettre au pas” les équipes : Cette repression initiée par les dirigeants du groupe Canal+ et leur actionnaire principal est une honte pour l’audiovisuel français”. 

“Canal+ se passera de tes services”

Le présentateur du “Journal du hard”, Sébastien Thoen a été renvoyé fin novembre pour une parodie visant Pascal Praud et son émission “L’heure des pros”, diffusée sur CNews, autre chaîne contrôlée par Vivendi. “Décision de l’actionnaire”, relate le pure-player Les Jours. Cette fois-ci, c’est le directeur adjoint des sports depuis 2016, Didier Lahaye, qui s’est attelé à l’exercice. Un texto, un bref coup de fil : “Canal+ se passera de tes services”En outre, les pigistes sont mis en cause pour avoir signé la pétition, rompu la confiance et manqué de loyauté. Est-ce le début de la chasse aux sorcières ? Probablement. Parmi les 150 signataires, 48 ont préféré rester anonymes.

Le SNJ a également exprimé son inquiétude face aux velléités de Vivendi d’acquérir de nouvelles rédactions, à l’instar de celle d’Europe 1, propriété de Lagardère. La radio pourrait passer sous le contrôle de Vincent Bolloré. Les pouvoirs publics doivent réaffirmer (dans les discours mais aussi dans les actes) que (…) la liberté d’expression et l’indépendance des rédactions doivent être garanties”, conclut le communiqué du syndicat. Au groupe d’appliquer les valeurs de liberté d’expression prônées sur CNews pour justifier les logorrhées du chroniqueur star de la chaîne, Eric Zemmour.