Le Parlement reporte les élections régionales aux 13 et 20 juin

CREDITS PHOTO : Arnaud Jaegers on Unsplash - 07/05/2017

 

Initialement prévues pour mars, les élections régionales et départementales se dérouleront les deuxième et troisième dimanches de juin. Le Sénat a validé leur report mardi pour cause d’épidémie de Covid-19.

Avec les tergiversations autour des municipales 2020 comme traumatisme, le Sénat a validé à main levée mardi soir le report des élections régionales et départementales aux 13 et 20 juin 2021. L’objectif est de différer le scrutin de trois mois au vu de l’incertitude de l’évolution de la pandémie de Covid-19. Une décision qui s’appuie sur les recommandations de l’ancien président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, qui s’est penché sur la question à la demande du gouvernement. 

Le texte ne fixe pas les dates précises des élections, le gouvernement devra les fixer par décret. Mais la secrétaire d’État Marlène Schiappa a déjà annoncé que les élections “se tendront bien les 13 et 20 juin prochains”. À ces dates, les Françaises et les Français se rendront aux urnes pour renouveler les conseils régionaux et départementaux, ainsi que des assemblées de Corse, de Guyane et de Martinique. La crise du Covid a donné l’occasion de démontrer l’importance économique des 13 régions métropolitaines, et le rôle crucial des départements pendant l’épidémie, notamment dans la distribution de masques. Pour faciliter le vote, chaque électeur pourra disposer de deux procurations, contre une seule habituellement. 

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Une rampe de lancement pour 2022

Repoussées, parfois négligées voire carrément oubliées, à plus d’un an des présidentielles, les élections régionales pourraient servir de rampe de lancement pour les candidats de l’opposition. À droite, elles pourraient faire office de primaire pour départager des candidats potentiels comme Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes), Valérie Pécresse (Ile-de-France) ou Xavier Bertrand (Hauts-de-France). Côté socialistes et écologistes, ce scrutin pourrait confirmer leurs bons résultats aux municipales et leur donner des ailes pour 2022. 

La majorité cherche d’ailleurs ses têtes de liste pour les régionales, non sans difficulté, notamment pour l’Ile-de-France, après le refus du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Marine Le Pen (RN) ont quant à eux déjà enjambé ces élections pour se porter candidats à la présidentielle.

Face à la probable impossibilité d’aller à la rencontre des électeurs, les candidats devront innover. Le projet de loi prévoit un allongement de la durée de la campagne officielle à 19 jours (au lieu de 12). Un numéro d’appel gratuit sera mis en place pour renseigner les électeurs sur les programmes des candidats. De nombreux élus restent néanmoins “dubitatifs” quant à la possibilité de faire campagne sous état d’urgence sanitaire. 

Un autre report possible

Si l’épidémie s’accélère d’ici là, les élections pourraient être à nouveau reportées. Le texte approuvé mardi soir prévoit la remise d’un rapport du gouvernement au Parlement au plus tard le 1er avril. Rédigé sur la base de “comité de scientifiques” il évaluera “les risques sanitaires à prendre en compte et les adaptations nécessaires” du scrutin.