Les indépendantistes prennent le pouvoir en Nouvelle-Calédonie

Le 17ème gouvernement calédonien est dominé par les indépendantistes. Ils prennent la tête du gouvernement pour la première fois depuis 1982.

 

Les indépendantistes ont remporté la majorité du gouvernement collégial de Nouvelle Calédonie mercredi 17 février, obtenant six sièges sur onze. Une première depuis la mise en place de l’accord de Nouméa en 1998.

Les partisans de l’autonomie calédonienne envoient un signal politique fort en prenant la majorité de l’exécutif de l’archipel du pacifique sud, français depuis 1853. Cette victoire est pour eux source d’espoir après l’échec du “oui” à l’indépendance lors des référendums d’autodétermination de 2018 et 2020. Les votes en faveur du rattachement à la France ont cependant faibli entre les deux dates, passant de 56,7% à 53,3%.

Le temps presse pour les indépendantistes : l’Accord de Nouméa — qui prévoit la possibilité d’une séparation de la France — doit s’achever en 2022 par l’organisation d’une ultime consultation. L’aspiration à l’autodétermination est désormais relancée par cette nouvelle majorité.

Les 54 élus du congrès néo-calédonien étaient invités à voter pour l’élection du nouveau gouvernement après la chute du précédent exécutif le 2 février dernier. Cinq membres du Front de la libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) avaient démissionné dans le but de s’opposer au “pillage des matières premières et à la spéculation financière”. Le rachat de l’usine de nickel du géant brésilien Vale par un consortium calédonien et international était particulièrement visé. Cette manoeuvre commerciale avait déjà fait l’objet de tensions communautaires en décembre dernier. L’usine avait alors été mise à l’arrêt après des violences et dégradations perpétrées par des militants indépendantistes.

A travers cette élection, le FLNKS, qui s’est exprimé en faveur de la nationalisation des ressources minières, entend désormais contrer ce rachat en utilisant la voie institutionnelle. Par jeu d’alliance avec le parti de l’Eveil océanien (EO), représentant la communauté de Wallis et Futuna, les listes de l’Union calédonienne-FLNKS (UC-FLNKS) et de l’Union nationale pour l’indépendance-FLNKS (UNI-FLNKS) s’assurent la main sur le gouvernement. L’élection du président et vice-président par les onze nouveaux membres du gouvernement devrait se tenir en fin de journée. Samuel Hnepeune, tête de liste UC-FLNKS et ancien président du médef, est pressenti pour prendre la présidence.