Loi bioéthique : la Manif pour tous ne veut rien lâcher

Des militantes de la Manif pour tous devant l'Assemblée Nationale. (photo Marius Bocquet)

 

L’association anti-PMA a manifesté contre le projet de loi bioéthique devant l’Assemblée nationale, alors que députés et sénateurs tentaient de trouver un accord sur le texte ce mercredi 17 février. Reportage.

Coiffées de leur habituel bonnet phrygien, les Mariannes se tiennent fièrement sous le regard du bébé géant déployé par la Manif pour tous devant l’Assemblée nationale. Ce mercredi 17 février, la commission mixte paritaire examine le projet de loi bioéthique, qui prévoit notamment l’élargissement de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. L’Assemblée nationale et le Sénat n’ayant pas voté un texte identique à l’issue des deux lectures, c’est à cette commission qu’il incombe d’aboutir à un texte commun. Huit ans après les manifestations contre le mariage pour tous, les militants de la Manif pour tous restent mobilisés et dénoncent la “fabrication d’enfants sans père”.

Au bout de la rue de l’Université (Paris VIIe), Isabelle, 61 ans, est venue tracter. “Je ne manque aucune manifestation”, revendique-t-elle fièrement. Isabelle se dit d’autant plus sensible aux questions bioéthiques qu’elle est professeur de Sciences et vie de la Terre. “Je suis encore plus motivée à manifester contre la fabrication d’enfants hors nature. L’écologie du corps est très importante et trafiquer les gènes, les embryons, c’est jouer avec des choses qu’on ne connaît pas.” 

Isabelle regrette le manque de jeunes au sein du mouvement. “Il y a beaucoup de gens déjà parents qui sont majoritaires alors que ça devrait être un combat pour les jeunes et pour la civilisation à venir.” Pourtant, l’essentiel des militants présents ce mercredi devant l’Assemblée nationale est relativement jeune. C’est le cas de Gaudens, 16 ans, qui milite depuis déjà quatre ans. “L’État essaye de faire passer une loi dans un contexte sanitaire particulier. On en entend peu parler. C’est important que les Français comprennent car beaucoup ne savent pas de quoi il s’agit”, estime le lycéen de première.

 “Il n’est pas possible de débattre dans un état d’urgence sanitaire”

Claire, 18 ans, est elle l’une des huit Mariannes venues manifester ce matin. Cette étudiante en histoire de l’art porte le bonnet phrygien au sein du mouvement depuis maintenant un an et demi. “Ça donne une certaine visibilité et c’est une manière de représenter la République et la France publiquement”, explique-t-elle pour justifier son mode d’action. Le contexte actuel rend l’action d’autant plus nécessaire pour elle. “Il faut montrer qu’on est toujours là malgré les restrictions sanitaires. Beaucoup de jeunes et de Français ne peuvent pas se déplacer et c’est important de les représenter en défendant les femmes et les enfants de ce pays.”

Après une vingtaine de minutes de manifestation, le verdict tombe : les députés et sénateurs de la commission mixte paritaire ne sont pas parvenus à s’accorder sur le texte de loi. “Une bonne nouvelle” pour le député membre de la commission Patrick Hetzel (Les Républicains), venu s’exprimer auprès des militants sur la place du Président Edouard-Herriot (Paris VIIe). “Le fait que les deux assemblées n’aient pas pu tomber d’accord montre bien que c’est un sujet extrêmement clivant et qu’il n’est pas possible d’en débattre dans un état d’urgence sanitaire. Notre pays doit au contraire être rassemblé.” Le texte devrait donc revenir à l’Assemblée nationale pour une troisième lecture.