L’ancien maire de Marseille Jean-Claude Gaudin placé en garde à vue

L'ancien élu est soupçonné d’avoir gardé à la mairie plusieurs proches collaborateurs ayant dépassé l’âge légal de la retraite.  - Image - SOURCE : Flickr - UMP Photos

 

L'ancien maire (LR) de Marseille est visé par une information judiciaire du Parquet national financier sur des soupçons de détournement de fonds public pendant les 25 ans de son mandat.

Après une perquisition de son domicile ce mardi 16 février, l’ancien maire de la deuxième ville de France a été placé en garde à vue par le Parquet national financier (PNF). Ces décisions interviennent dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 11 juin 2019 pour détournement de fonds publics.

Les soupçons portent sur les années de mandature de Jean-Claude Gaudin à la tête de la mairie de Marseille : plusieurs employés de la mairie auraient ainsi poursuivi leurs activités malgré le dépassement légal de leurs âge de départ à la retraite.

Ces faits ont été découverts dans le cadre de l’enquête préliminaire du PNF sur la gestion du temps de travail des agents municipaux de Marseille. Dans ce volet, la cour reproche à l’ancien maire des heures supplémentaires indues et un absentéisme injustifié, notamment au Samu social. Les investigations se sont terminées en décembre et pourraient renvoyer Jean-Claude Gaudin et six de ses proches devant un tribunal correctionnel.

Une gestion de la ville contestée

La chambre régionale des comptes avait déjà épinglé la gestion de la cité phocéenne sous les mandats de Jean-Claude Gaudin. Dans un rapport rendu fin 2019, la chambre s’était dite surprise par une “gestion des départs en retraite (…) pour le moins coûteuse” pour la Ville de Marseille, avec plusieurs maintiens en fonction dans le cabinet du maire qu’ils estimaient “illégaux”. Pour les magistrats, la ville aurait violé “sciemment” les règles légales sur la retraite. Elle aurait ainsi causé un préjudice de plus d’un million d’euros par an au contribuable.

Le nouveau maire socialiste de Marseille Benoit Payan a également dénoncé la gestion de la ville restée plus de 20 ans aux mains des élus de droite. Il fustigeait début février un héritage financier “catastrophique” et estimé que “l’argent public (a) été gaspillé, jeté, bradé”.