Projet d’attentat avorté : trois djihadistes condamnés

©Tiraden / 15 septembre 2018

 

Trois jihadistes ont été condamnés ce mercredi par la cour d'assises spéciale de Paris à des peines allant jusqu'à trente ans de prison. Reconnus coupables d'association de malfaiteurs terroristes, ils projetaient de commettre un attentat à Paris le 1er décembre 2016.

 

Ils avaient été démasqués lors d’une longue mission de cyberinfiltration dans les réseaux de l’Etat Islamique. Trois djihadistes ont été condamnés ce mercredi à des peines allant jusqu’à trente ans de réclusion criminelle pour un projet d’attentat avorté en décembre 2016, coordonné depuis Raqqa en Syrie. “Écoute, on a bien compris Hamdoulilah pour l’adresse et le matos […]. On peut tapé le 1er décembre”, affirmaient deux des accusés, Hicham Makran et Yassine Bousseria, dans des messages retrouvés sur une clé USB.

Les Strasbourgeois, tous deux âgés de 41 ans, ainsi que le Marocain Hicham El-Hanafi, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroriste criminelle. Ils sont condamnés à des peines respectives de vingt-deux, vingt-quatre et trente ans de réclusion criminelle assorties d’une période de sûreté des deux tiers. Hicham El-Hanafi, de nationalité marocaine, aura l’interdiction définitive de se rendre sur le territoire français à l’issue de sa peine. 

“Projet Ulysse”

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait arrêté Hicham Makran et Yassine Bousseria à Strasbourg le 20 novembre 2016 et Hicham El-Hanafi à Marseille le même jour, dans le cadre du “Projet Ulysse”. Celui qu’on appelle “Ulysse” dans cette affaire est en fait un agent infiltré de la DGSI. Au printemps 2016, il s’introduit dans une boucle Telegram, une messagerie cryptée, que fréquente un prénommé “Sayyaf”. Ce-dernier, haut cadre de l’État Islamique, coordonne les djihadistes depuis la Syrie.

Il demande à l’agent infiltré de la DGSI d’acheter des armes puis de les cacher dans la forêt de Montmorency (Val d’Oise). Après qu’Ulysse ait refusé de passer à l’action, le lien est rompu avec Sayyaf. D’autres opérations ont permis de découvrir les coordonnées GPS de la cache des armes, transmises aux amis strasbourgeois, Makran et Bousseria. El-Hanafi s’est lui aussi rendu plusieurs fois dans la forêt sans parvenir à mettre la main sur le coffre contenant les armes.

Les juges de la cour d’assises spéciale de Paris se sont montrés plus sévères que le Parquet national antiterroriste (Pnat) qui avait requis des peines allant de vingt à trente ans de prison. D’après les journalistes présents sur place, les trois hommes ont accueilli le verdict sans réaction, alors que leurs avocats étaient visiblement déçus. L’un d’entre eux aurait même lancé, non sans ironie, que “même le Pnat était dépassé”. Les condamnés ont dix jours pour faire appel.