Rapt au Nigéria : 42 personnes enlevées dans un lycée

Les enlèvements sont réguliers dans la région, en décembre dernier 300 enfants avaient été libérés. Carsten Ten Brink - 2018.

L'attaque d'un pensionnat a eu lieu dans le nord du pays, dans la nuit de mardi à mercredi. Un élève a été tué par les ravisseurs. 

Alors que 650 élèves passaient la nuit dans leur pensionnat au nord du pays, “les bandits ont attaqué l’école vers 2h00 mercredi. En tout, ils ont enlevé 42 personnes”a déclaré à l’AFP Muhammad Sani Idris, commissionnaire à l’information de l’Etat du Niger où se trouve le lycée. “27 élèves et trois enseignants ont été enlevé (…) Ils ont également enlevé 12 membres des familles des enseignants”, a‑t-il précisé, avant d’ajouter qu’un lycéen a perdu la vie lors de l’attaque.

Ce nouveau rapt est survenu deux mois après l’enlèvement massif de 344 jeunes dans une région voisine. Un drame qui avait provoqué un émoi mondial, ravivant le souvenir de l’enlèvement des lycéennes de Chibok en 2014 par Boko Haram, relayé massivement sur les réseaux sociaux.

Déplorant des enlèvements d’écoliers en série dans le pays, le président s’est exprimé aujourd’hui pour “ordonner aux forces armées et à la police de ramener immédiatement tous les captifs indemnes”, d’après un communiqué de presse.

Des enlèvements fréquents 

Depuis près de dix ans, le nord-ouest et le centre du Nigeria sont le théâtre de violences de la part de groupes criminels qualifiés localement de « bandits », qui multiplient les enlèvements contre rançon et les vols de bétail. Cachés dans la forêt de Rugu dans les Etats de KatsinaZamfaraKaduna, et Niger, ils sont à l’origine de plus de 8 000 morts depuis 2011, et ont forcé plus de 200 000 personnes à fuir leur domicile.

Selon Idayat Hassan, directrice du Centre for Democracy and Development, “le Nigeria doit accepter qu’il fait face à d’énormes problèmes de sécurité”. “Le moyen le plus simple d’obtenir de l’argent du gouvernement est maintenant d’enlever des écoliers”, a‑t-elle dénoncé à l’AFP.

Pour l’heure, le gouvernement reste dans l’attente que les ravisseurs de Kagara prennent contact avec eux afin de négocier la libération des otages.