Baisse historique du nombre de demandes d’asile en Europe en 2020

En France, un demandeur d'asile sur deux ne se voit pas proposer d'hébergement. Une situation préoccupante en temps de pandémie  - Crédit : Photo by Jeanne Menjoulet on Creative Commons.

 

 

La crise du Covid-19 et les restrictions de déplacement ont provoqué une baisse de 31% des demandes d'asile en Europe en 2020. Leur nombre n'avait pas été aussi bas depuis 2013.

La crise du Covid-19 fragilise le quotidien des réfugiés. Davantage exposés au virus et à la précarité, ils ont également été beaucoup moins nombreux à demander l’asile en Europe en 2020. Le Bureau européen d’appui en matière d’asile enregistre une chute de 31% du nombre de demandes par rapport à 2019, selon des données révélées jeudi 18 février. Ces chiffres, les plus bas depuis 2013, s’expliquent par les mesures prises par les différents pays de l’Union européenne, à commencer par les restrictions de circulation.

Cette baisse brutale intervient après une légère remontée du nombre de demandes d’asile en 2019, la première depuis 2015. Le pic migratoire de 2015 avait en effet provoqué une explosion du nombre de demandeurs d’asile, puis une baisse brutale entre 2016 et 2018. C’est donc la seconde forte baisse depuis 2015 que l’Europe connaît, pour des raisons bien différentes.

Une tendance durable ?

Le nombre de demandes d’asile effectue un virage brutal, mais les autres statistiques sur les populations réfugiées restent à peu près stables. La part de mineurs isolés augmente de 1%. Les Syriens, les Afghans, les Vénézuéliens, les Colombiens et les Irakiens restent les nationalités les plus représentées. Le taux de reconnaissance du statut de réfugié est également resté stable en Europe, à 32%.

La chute européenne du nombre de demandes d’asile se voit également sur les statistiques françaises. Selon des chiffres dévoilés le mois dernier par le ministère de l’Intérieur, le nombre de demandes d’asile a diminué de 41% en France. L’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) avance, lui, une baisse de 28%, en se basant sur un autre mode de calcul. La baisse d’activité des guichets uniques pour demandeurs d’asile et la réduction de la circulation des étrangers pourraient expliquer ce résultat.

Reste à savoir si cette baisse du nombre de demandeurs d’asile en Europe sera durable, ou si la crise du Covid-19 deviendra le facteur d’une augmentation des mobilités. Le ministère de l’Intérieur confiait en janvier au Monde : “le Covid peut avoir un effet de ralentissement des déplacements ou provoquer au contraire une fuite”. Dans le cas où ce serait la fuite qui se dessinerait, la question épineuse des conditions d’accueil des réfugiés en Europe referait son apparition sur le devant de la scène.