Cybersécurité : Emmanuel Macron présente son plan de lutte ce midi

Le nombre de cyberattaques a été multiplié par quatre en 2020. SOURCE : Crédits VIN JD de Pixabay. 

 

Face à la multiplication des cyberattaques, Emmanuel Macron va annoncer ce midi un plan d’un milliard d’euros supplémentaires. Son but : renforcer la stratégie cybersécuritaire française.

La cybersécurité devient peu à peu un véritable enjeu de santé publique. Ces derniers mois, les attaques aux logiciels de rançon se sont multipliées : le nombre de signalements a augmenté de 255 % en 2020, selon les chiffres de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). Les hackeurs visent des entreprises, des collectivités, des institutions mais aussi des hôpitaux, particulièrement ciblés ces derniers mois.

L’année dernière, 27 cyberattaques d’envergure ont frappé les hôpitaux français. En 2021, selon les déclarations du secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O du mercredi 17 février, ce chiffre s’établit plutôt à une attaque par semaine, et la pression ne cesse de s’intensifer.

https://twitter.com/cedric_o/status/1362058010097557509

Après l’hôpital de Dax (Landes) dix jours plus tôt, c’est le centre hospitalier de Villefranche (Rhône) qui a été paralysé par une attaque lundi 15 février. Ses réseaux informatiques et téléphoniques ont été corrompus par des cybercriminels. Leur moyen d’action : un “rançongiciel”. Cette forme de logiciel leur permet de s’introduire dans un système informatique en tirant profit de ses failles techniques. L’intégralité du système est bloquée tant qu’une rançon n’est pas versée. La vie des établissements s’en trouve bouleversée, voire compromise : Sud-Ouest évoque dans ses colonnes un « acte de guerre » en relatant les conséquences de l’attaque sur l’hôpital dacquois.

Face à cette recrudescence d’attaques critiques, le gouvernement entend montrer qu’il prend le problème à bras le corps. Emmanuel Macron doit échanger ce matin en visio-conférence avec les équipes de l’hôpital landais. Le chef de l’état devrait ensuite annoncer de nouvelles mesures :  il prévoit une enveloppe totale d’un milliard d’euros pour soutenir la stratégie cybersécuritaire française. Issu du plan de relance et du “programme d’investissement d’avenir”, ce financement doit “renforcer” une filière jugée prometteuse mais insuffisamment “structurée” par l’Elysée.

Ce budget prévoit de consacrer 140 millions d’euros à la formation d’experts. Un “campus cyber” devrait voir le jour dans le quartier de la Défense (Hauts-de-Seine) d’ici fin 2021. L’État prévoit aussi des investissements dans la recherche et le développement de solutions cyber franco-françaises. 136 millions d’euros devraient enfin venir renforcer l’Anssi, qui gère pour l’instant l’ensemble des situations d’urgence cybersécuritaires.