Encres de tatouages : l’UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme

L'étude de l'UFC-Que Choisir paraît alors que le Syndicat national des artistes tatoueurs fait circuler une pétition européenne pour le maintien de certains pigments dans les encres de tatouage - Crédits : Tom Prejeant on Unsplash - novembre 2020

 

 

L’association demande le retrait et le rappel de nombreux produits, après la publication d’une étude sur les vingt encres de tatouages les plus utilisées en France. Seules cinq répondent aux normes françaises et européennes.

Se faire tatouer n’est jamais une décision anodine, et cette information pourrait bien faire réfléchir à deux fois certains indécis. Dans une étude publiée ce matin, l’UFC-Que Choisir juge que 75% des encres de tatouages les plus utilisées contiendraient des substances nocives en quantité trop importante. L’association annonce saisir la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) afin de rappeler bon nombre de produits.

Dans le détail, les colorants seraient particulièrement dangereux, avec de nombreuses substances jugées cancérogènes. Les encres noires seraient en revanche moins nocives. Les noms des marques d’encre attaquées par l’association de consommateurs ne diront rien au grand public. Mais ils sont en revanche connus des professionnels du tatouage : “Kashoku Tatoo ink”, “World famous tatoo ink”, ou encore “Viking ink”.

La question du contrôle de ces encres par les autorités sanitaires se pose suite à cette étude. Des normes strictes ont en effet été fixées en France et en Europe en 2013 sur la composition des encres de tatouage. Mais sur les vingt encres de l’étude, quinze sont fabriquées aux Etats-Unis, deux en Chine, et seulement trois au sein de l’Union Européenne. Ce manque de contrôle inquiète d’autant plus que près de 20% des Français majeurs se sont déjà fait tatouer, et même 30% des moins de 35 ans.

Les tatoueurs habitués à ces messages alarmistes

La nouvelle ne devrait en tout cas pas réjouir les salons de tatouage, qui ont déjà subi de plein fouet les deux confinements. Les syndicats de tatoueurs n’ont pour l’instant pas réagi à l’étude de l’association de consommateurs. 

Les tatoueurs sont néanmoins habitués à ces messages alarmistes. Il y a un mois, le 15 janvier, le Haut Conseil à la Santé Publique avait publié un article appelant à respecter les “6B” pour limiter les risques des tatouages : “le bon acte réalisé par le bon professionnel avec le bon produit, auprès de la bonne personne, avec une bonne information et un bon suivi/une bonne surveillance”. C’est sur le troisième de ces “B”, trop souvent négligé, que l’UFC-Que Choisir insiste aujourd’hui.