Entre PSE retoqué et plans de vol menacés, les salariés de Hop ! plongés dans l’incertitude

 

Sous l'effet du plan social annoncé, la flotte de Hop ! va perdre 19 avions pour tobmer à 32 appareils- @aeroicarus 31/07/19

 

Spécialisée dans les vols intérieurs, la filiale d'Air France s’apprête à supprimer 1000 postes. Elle paye la pression de la crise sanitaire, mais aussi l’interdiction programmée des liaisons accessibles en moins de 2h30 de train.

Le ciel dans lequel navigue le personnel de Hop!, la filière d’Air France, n’a jamais été autant obstrué de nuages. “Les salariés du groupe ne savent pas ce qu’il adviendra d’eux ces prochains mois”, se désole Joel Rondel„ secrétaire CGT du CSE. En graves difficultés financières, le groupe a dû, pour prétendre aux 7 milliards d’euros d’aides de l’Etat, à bannir l’avion des destinations intérieures pouvant être reliées en moins de 2h30 de train au nom de la transition écologique.

Sous l’effet de cette mesure, la flotte va perdre 19 avions, pour tomber à 32 appareils. Le site de l’aéroport d’Orly et l’escale de Bordeaux fermeront également compte tenu de la suppression annoncée de la ligne reliant la capitale girondine à l’aéroport parisien.

Pour parfaire le flou dans lequel se situent les salariés, la direction de la société a retiré, ce mercredi, sa demande d’homologation du PSE compte tenu des observations de l’Administration du travail.  Elle rencontrera prochainement les organisations syndicales pour “repenser les modalités de reclassement au sein du groupe pour les navigants”, et permettre  “la reprise de certains éléments liés à l’ancienneté”.

Mais il paraît difficile de trouver un terrain d’entente entre les différents partis, alors qu’en 2013 et 2019, les syndicats avaient déjà contesté en justice les PSE de l’entreprise pour des motifs similaires. “Pendant toute la procédure d’information et de consultation, le CSE n’a cessé de dénoncer l’illégalité de ce plan, par lequel le groupe Air France a tenté de s’affranchir ses obligations” prévient la CGT dans un communiqué.

Revirement

Ce revirement intervient alors que la filiale d’Air France, confrontée à un effondrement sans précédent du nombre de ses vols depuis le mois de mars et le début des mesures de confinement, s’apprête à supprimer 1007 postes sur les 2421 que compte le groupe. “Un ajustement nécessaire, qui devra s’opérer sans franchir une ligne rouge : celle des départs forcés ” expliquait le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, en juillet dernier.

A l’examen, ce sont principalement les conditions de reclassement des 180 pilotes et des 200 personnels navigants commerciaux de Hop ! concernés dans les autres filiales du groupe qui ne seraient pas conformes au droit du travail. “Elles correspondent à des conditions de recrutement externes, or on ne reclasse pas des salariés d’un groupe à l’autre comme on recrute à l’extérieur”, dénonce Emelyne Fronteau, la présidente du SNPL, auprès de l’AFP.

Les 400 pilotes et personnels de Hop ne seraient notamment pas repris par la maison mère, Air France ou sa filiale Transavia, à un salaire et à un poste correspondant à leur ancienneté et à leur expérience. Un commandant de bord s’y retrouverait par exemple simple copilote.

Cette décision de l’administration “n’empêchera pas les fermetures déjà programmées, donc ça reste une catastrophe”, regrette Joël Rondel. A Morlaix et à Lille, 276 et 108 emplois sont respectivement menacés par l’arrêt des activités de maintenance. Mais le syndicaliste, qui promet de mener “une bataille juridique” avec la direction de Hop ! ne rend pas les armes. Car, si la direction de Hop ! affirme qu’elle ne procédera pas à des départs contraints, Joel Rondel rappelle que certains reclassements pourraient être proposés “à l’autre bout de la France”. Une manière de plus de montrer que dans la filiale, le personnel se dirige vers une destination inconnue.