Et si on trouvait des traces de vie sur Mars ?

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Le robot mobile Perseverance va se poser, jeudi 18 février 2021, sur Mars. Il y trouvera peut-être des traces de vie. Atterrissage prévu dans le cratère Jezero où de l’eau aurait été présente il y a 3,5 milliards d’années. Mais que se passerait-il si le rover trouvait des traces de vie sur la planète rouge ?

Une question qui tient en haleine. Si une telle découverte est faite, cela “ouvrirait une nouvelle vision de notre sort dans l’univers, selon l’astrophysicien Francis Rocard, responsable du programme d’exploration du système solaire au Centre national d’études spatiales (CNES). On aurait la certitude pour la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’une vie a existé en dehors de la Terre”.

Une certitude qui n’est pour l’instant qu’à l’état de pensée : “D’un point de vue chronologique, si on compare avec l’histoire de la Terre, on pense qu’il y a eu de l’eau sur Mars de façon durable”, selon Olivier Gasnault, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et à l’institut de recherche en astrophysique et planétologue (IRAP). C’est-à-dire qu’une forme de vie a auparavant pu exister sur la planète rouge. En trouver une trace est “l’une des missions principales pour Perseverance”.

L’objectif : retourner sur Mars

Si l’on découvre des traces de vie sur Mars, le principal objectif serait de retourner sur la planète pour y forer dans le sol en profondeur. Une “entreprise colossale” mais “très passionnante”, selon l’astrophysicien Francis Rocard.

Selon les modèles et les divers calculs, on sait qu’il y a de l’eau a l’état de glace dans le sol martien. Quand on descend à 2–3 km, les modèles prédisent qu’il pourrait y avoir de l’eau à l’état liquide”, raconte-t-il. Un point intéressant, puisque pour que la vie émerge et subsiste, il faut de l’eau liquide.

 Cette question taraude l’humanité depuis plus de cinq mille ans et nous n’avons toujours pas de réponse. Pour lui, “L’idéal serait de trouver des traces de bactéries sur lesquelles on pourrait déterminer si l’ADN est universel pour tout le vivant et non pas que sur la planète Terre”.

 

10 ans d’attente

Si Perseverance trouvait des traces de vie, on ne pourrait pas les analyser avant dix ans” confie Olivier Gasnault. Si le novateur robot mobile atterrit dans de bonnes conditions, il lui sera tout de même impossible de rentrer sur Terre. Il faudra attendre deux autres missions, déjà prévues par les agences spatiales, pour aller chercher Perseverance sur Mars et ramener le rover dans les années 2030.

“Les instruments à bord de Perseverance n’ont pas les capacités pour détecter des traces de vie” selon l’astrophysicien Francis Rocard. Malgré les technologies de pointe utilisées pour équiper Perseverance, il est impossible pour le robot de réaliser des analyses depuis la planète rouge. Il faudra donc attendre le retour sur Terre des échantillons. L’utilité du rover est seulement d’aider au choix des échantillons pour maximiser la diversité et le contexte géologique autour de chaque prélèvement.

 

Des conditions précises à réunir

Pour découvrir une quelconque trace de vie, il faut que plusieurs conditions soient réunies. D’abord, il faut que la vie soit apparue sur Mars. Ce que l’on ne sait toujours pas aujourd’hui. En plus, il faut impérativement qu’elle ait laissé une trace. “Sur Terre, on pense aux fossiles, mais là on parle d’une vie microbienne, quelque chose de beaucoup plus petit et beaucoup plus simple, signale le scientifique Olivier Gasnault, donc c’est plus d’importantes accumulations qui auraient pu laisser une trace dans les roches”. 

Le choix d’atterrissage dans le cratère Jezero n’est pas anodin. Il y a 3,5 milliards d’années, de l’eau s’y trouvait peut-être. Étant un sol de la planète Mars qui a connu beaucoup d’érosion, c’est donc là qu’il y a le plus de chance de découvrir des traces, même infimes, de vie.