La conquête spatiale ne fait plus briller tous les yeux

Faut-il renoncer à l'exploration spatiale pour se concentrer sur la Terre ? - SOURCE IMAGE : Pixabay

 

Pour certains chercheurs, les milliards investis dans la conquête spatiale devraient l’être pour combler d’autres priorités, comme l’urgence climatique.

Si l’atterrissage du rover américain Perseverance sur la planète Mars fait l’événement ce jeudi, l’engouement autour de la conquête spatiale n’est plus collectif.

Combien ça coûte au contribuable ? Quel est le retour sur investissement de toutes ses expéditions sur Mars ?”, s’interroge Eric Courteille sur Twitter. “On dépense des milliards pour aller sur Mars alors qu’à 500 m de chez nous des gens crèvent de faim et vivent dans la rue”, dénonce Jean-Charles Boureau sur le réseau social. “Il me semble qu’il y a d’autres priorités budgétaires en France”, résume un autre internaute. Sur une expédition de 2,17 milliards d’euros, la France a investi 40 millions d’euros pour la conception de Supercam, l’œil du robot.

Protéger la Terre avant de conquérir Mars

L’urgence climatique est vue comme une priorité par rapport à l’exploration spatiale. C’est l’un des arguments avancés par le chercheur Vincent Liegey. “Je dénonce une certaine démarche qui consisterait à essayer de réparer ce que l’on a pas su faire sur cette planète Terre.” L’essayiste n’est pas contre la conquête spatiale mais plutôt contre la manière dont elle est menée. 

D’autres chercheurs vont plus loin et veulent mettre fin à la conquête spatiale. En juin 2019, des chercheurs de l’Atelier d’écologie politique de Toulouse ont demandé dans une lettre adressée à l’astronaute français Thomas Pesquet dans Libération de “renoncer à retourner dans l’ISS (Station spatiale internationale)”. “À l’ère du dérèglement climatique et de la catastrophe écologique, la conquête spatiale est-elle vraiment une priorité ? Et à quel coût écologique ?”, s’interrogent les scientifiques. 

Le coût écologique des missions spatiales

Au-delà de la question des millions investis dans l’exploration spatiale, le coût écologique de telles opérations est questionné. “Comme beaucoup de recherches scientifiques, l’exploration spatiale requiert des ressources considérables au fort impact écologique. Un survol de la littérature scientifique alarme sur les impacts spécifiques des vols spatiaux sur la stratosphère et surtout sur le manque de certitudes, donnant l’impression que les pratiques des humains devancent leurs connaissances des impacts environnementaux”, avancent les chercheurs de l’Atelier d’écologie politique de Toulouse. Reste que Thomas Pesquet rejoindra l’ISS une seconde fois, au printemps 2021.