L’hôpital de Dunkerque en première ligne face au variant anglais

A l'hôpital de Dunkerque, 60% des malades du Covid sont infectés par le variant anglais - Crédit : Flickr / Nicolas DUPREY - le 1er avril 2020

 

 

Avec 60% de malades du Covid-19 infectés par le variant britannique, l’hôpital de Dunkerque craint d’être rapidement submergé. Pour tenter de réduire le taux d’incidence dans l’agglomération, une grande campagne de dépistage est organisée.

Depuis un an, les soignants de l’hôpital de Dunkerque se sont habitués à pousser les murs, à s’adapter. Mais aujourd’hui, c’est le variant britannique du coronavirus qui fait craindre une saturation imminente. A tel point que, dans les couloirs, on ne parle plus de troisième “vague” mais d’une “marée”. Car sur la soixantaine de patients positifs au Covid-19 que compte le centre hospitalier, 60% sont infectés par le variant anglais.

Si ce variant en pleine expansion entraîne des symptômes semblables au virus initial, il est nettement plus contagieux. “Il se transmet hyper vite : vous rencontrez quelqu’un qui est porteur du virus et le lendemain, vous êtes contagieux et positif”, s’inquiète Isabelle Durand-Joly, médecin hygiéniste.

Chacun craint donc que le variant britannique ne se généralise. Et que la saturation de la dizaine de lits de réanimation submerge les hôpitaux voisins. “Depuis le 1er février, on a transféré 45 patients vers d’autres services de réanimation, ce qui représente trois mois de transferts en temps plus habituels”, constate Justine Leibig, directrice par intérim du centre hospitalier. Les deux prochaines semaines sont donc jugées déterminantes par la direction.

Une grande campagne de dépistage

Signe que la situation épidémique s’emballe dans l’agglomération de Dunkerque, le taux d’incidence – le nombre de cas pour 100 000 habitants – atteint désormais 658, contre 190 au niveau national. Pour freiner ce rebond, l’Agence régionale de santé (ARS) organise jeudi 18 et vendredi 19 février une campagne massive de dépistage. Ces tests gratuits et sans rendez-vous ont pour but de limiter la multiplication de clusters. Au centre hospitalier, il n’est plus rare d’accueillir plusieurs membres d’une même famille. Preuve que les gestes barrières se débrident.

Pour protéger “les plus fragiles”, l’ARS a également alloué localement 2 400 doses du vaccin Moderna issues du “stock de sécurité régional”. La préfecture des Hauts-de-France précise que les soignants à domicile et les patients en chimiothérapie ou souffrant d’insuffisance rénale seront vaccinés en priorité.