L’Union européenne épingle la Hongrie pour sa loi sur les ONG

Crédits : Pixabay. La Hongrie a deux mois pour modifier sa loi visant les ONG. Août 2018. 

La Commission européenne a mis en demeure la Hongrie ce jeudi pour qu'elle applique un arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE). Celui-ci juge non conforme la loi relative au financement des ONG. 

Bruxelles tape une nouvelle fois du poing sur la table et force le gouvernement hongrois à modifier sa loi visant les ONG. Adoptée en 2017, cette loi imposait aux ONG bénéficiant de plus de 24 000 euros annuels de financements étrangers de s’enregistrer comme “organisations bénéficiant d’un soutien de l’étranger” et de publier le nom de leurs donateurs. Les ONG ne respectant pas ces nouvelles exigences se seraient exposées à des amendes. La Cour européenne de Justice a demandé en juin une modification du texte : elle estimait dans un arrêt que la loi était en contradiction avec la liberté de circulation des capitaux, le droit au respect de la vie privée et la liberté d’association. Mais depuis, rien n’a changé. La Commission européenne laisse donc deux mois à Budapest pour mettre en application cet arrêt. 

Une nouvelle attaque à l’égard de George Soros

Cette loi semblait taillée sur-mesure pour que le président hongrois puisse mener une nouvelle attaque contre sa bête noire, le milliardaire américain d’origine hongroise, George Soros. Viktor Orban cherchait ainsi à épingler le philanthrope, fondateur de l’Open Society Foundations (OSF), qui contribue largement au financement de nombreuses ONG défenseurs des droits de l’Homme sur le sol hongrois. Or depuis le retour au pouvoir du président Orban en 2010, de nombreuses ONG dénoncent le recul de l’Etat de droit dans le pays. Un positionnement qui a valu à Viktor Orban d’être rappelé à l’ordre plusieurs fois par Bruxelles. Dès 2012, la proposition de réforme de la Constitution avait fait sortir plusieurs milliers de manifestants dans les rues de la capitale hongroise. “La loi fondamentale” visait à reformer le système judiciaire pour en réduire un peu plus la frontière avec le parti d’extrême droite Fidesz de Viktor Orban. Bruxelles n’avait pas manqué de le dénoncer. 

Budapest veut toutefois rassurer l’Union Européenne au sujet de la loi sur les ONG. Une porte-parole de la Hongrie à Bruxelles a expliqué être prête à la remplacer par un nouveau texte et éviter ainsi un nouveau bras de fer avec l’Union.