Municipales à Lille : les recours des rivaux de Martine Aubry en passe d’être rejetés

Crédits : Flickr, décembre 2010. L’argument, jugé "irrecevable" par le procureur, portait sur un nombre important de signatures "radicalement différentes" d’un tour à l’autre, selon les deux rivaux.

 

Le rapporteur public a préconisé ce jeudi un rejet des recours formés par des rivaux à la maire socialiste. Ces derniers mettaient en doute la sincérité du scrutin, en raison d'un nombre important de signatures "radicalement différentes". 

Échec et mat pour le député Vert Stéphane Baly et la marcheuse Violette Spillebout. Les deux rivaux de Martine Aubry contestaient devant le tribunal administratif le résultat des dernières municipales de Lille, l’ayant reconduite à la fonction d’édile le 28 juin dernier. Mais le rapporteur public a préconisé jeudi 16 février un rejet des recours, même s’il reconnaît toutefois certaines “discordances”.

L’argument, jugé “irrecevable” par le procureur, portait sur un nombre important de signatures “radicalement différentes” d’un tour à l’autre, selon les deux rivaux. Stéphane Baly et Violette Spillebout affirmaient en avoir recensé plus de 350 sur 70 des 130 bureaux de vote. Mais le procureur estime qu’il “aurait fallu pointer au moins une irrégularité précise dans chaque bureau de vote”, dans le délai légal de recours de cinq jours suivant l’élection. “Un travail titanesque”, selon la défense de la liste Spillebout, rendu d’autant plus “impossible” par la crise sanitaire.

Pas de modification du résultat 

Même si le rapporteur public a reconnu certaines “discordances sur 62 signatures” signalées par les Verts dans le délai légal imparti, “le résultat proclamé reste conforme à la volonté des électeurs”. Car même si l’argument était recevable, les irrégularité ne suffiraient pas à changer le résultat, l’écart restant entre les candidats étant de 159 voix. Pas de modification du résultat du scrutin, donc, au grand regret de Me Héloïse Hicter, avocate de la liste Spillebout, qui estime toutefois nécessaire que le tribunal “prenne en compte” ces 62 irrégularités.

Indétrônable depuis 2001, la maire de Lille est presque certaine de conserver son fief historique. L’avis du rapporteur est généralement suivi par le tribunal, qui rendra son délibéré d’ici le 11 mars. Mais l’équipe de Violette Spillebout a d’ores et déjà annoncé qu’elle pourrait faire appel devant le Conseil d’État, en cas de rejet du tribunal.