Nordhal Lelandais : les familles de disparus souffrent du silence de la justice

Les familles d'Éric, Nicolas et Malik souhaitent intégrer le groupe de réflexion sur les « cold cases ». SOURCE : Pixabay. 2016.

 

 

Dans le cadre de l’affaire Nordhal Lelandais, les dossiers de disparus sont réétudiés par la justice sans que leurs familles ne soient tenues au courant. Dans les colonnes du Parisien du 17 février, elles crient leur désespoir.

 

Plus que des dossiers non-élucidés s’empilant sur le bureau d’un juge d’instruction, Éric, Nicolas et Malik sont des jeunes hommes qui se sont évaporés dans la nature entre 2010 et 2015, dans les environs de Grenoble. Leurs disparitions soudaines pourraient être imputées à Nordhal Lelandais. C’est du moins ce qu’essaie de prouver la justice depuis que ces affaires ont été relancées par l’arrestation du tueur présumé de la petite Maëlys et du capitaine Arthur Noyer. Sans nouvelles des avancées de l’enquête, les familles s’impatientent. Réunies au cabinet de leur avocat, Me Bernard Boulloud, elles expriment mercredi 17 février leur sentiment d’abandon et décrivent une justice “inhumaine”, sans compassion pour les victimes.

“Cela fait plus de deux ans que je n’ai aucune nouvelle du juge de Valence. Alors que je devais être reçu tous les six à huit mois avec mon avocat”, confie Régis Pique au Parisien. Il se bat depuis des années pour retrouver son compagnon Éric Foray, disparu le 16 septembre 2015 dans l’Isère. La famille de Nicolas Suppo, 30 ans, disparu le 15 septembre 2010 , n’a pas plus de nouvelles de la part du juge d’instruction. Pour sa mère Janine Suppo, l’attente devient insoutenable : “On est dans le rien. Nos disparus, c’est comme s’ils n’existaient plus”, assène-t-elle au Parisien. Des souffrances individuelles que la justice, par son silence, a réunies.

“Si on ne se bat pas pour eux, personne ne le fera”

Me Bernard Boulloud, qui assure la défense de ces familles, demande expressément à ce que “la justice mette une part d’humain dans ces dossiers”. Plus que d’être tenues au courant des avancées de la justice, toutes ces familles émettent le souhait d’intégrer le groupe de travail sur le traitement des cold cases. Animé par le procureur général de Grenoble Jacques Dallest, il est composé de gendarmes et magistrats. Car “si on ne se bat pas pour eux, personne ne le fera”, déplore la sœur de Malik Boutvillain, disparu sans laisser de traces le 6 mai 2012.