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Pourquoi Persévérance se distingue des autres missions martiennes

Le rover Perseverance de la Nasa devrait arriver à destination sur Mars ce jeudi soir. Crédits : Kevin Gill.

 

 

Dans quelques heures, le rover de la Nasa, Persévérance, va atterrir sur Mars. L'effervescence est à son comble pour voir aboutir cette mission, à la fois novatrice et dans la lignée des ses prédécesseurs.

Tous les yeux seront rivés ce jeudi soir sur son atterrissage, prévu aux alentours de 21h55 heure française. Après sept mois de voyage et des centaines de millions de kilomètres parcourus, le rover Persévérance va enfin se poser sur Mars. Une première petite victoire pour la Nasa qui avait lancé ce robot spatial le 30 juillet dernier.

Ce n’est certes pas la première fois qu’une mission spatiale a lieu sur la planète rouge. ExoMars ou Curiosity sont deux exemples emblématiques de ces projets martiens dont l’objectif consiste à rechercher de potentielles traces de vie. “Les instruments utilisés sont différents par rapport aux missions précédentes, rétorque Sylvain Breton. Alors qu’Exomars est vraiment consacrée à la recherche de trace de vie, Persévérance a des instruments qui permettent de caractériser la géologie et la minéralogie de Mars, ce que les autres missions n’ont pas pu faire”.

La Nasa n’a d’ailleurs pas lésiné sur les moyens pour mener à bien ce projet. Le rover Persévérance est doté de certaines technologies de pointe, encore jamais utilisées. Un drone pourra ainsi survoler la zone choisie pour élargir davantage le champ de recherche du rover.  Résultat, Persévérance serait capable de prélever directement des échantillons récoltés dans des capsules pour ensuite les envoyer sur Terre.

Des résultats “plus précis”

D’habitude c’est le robot sur place qui analyse les échantillons récoltés. A contrario, pouvoir les transférer sur Terre permettra de les analyser en laboratoire. Les résultats seront donc plus précis”, analyse Sylvain Breton. Seul problème, aucun plan précis n’a été véritablement préparé quant à la manière de rapporter ses échantillons. Un objectif à long terme que s’est donné la Nasa.

Autre différence : la zone de recherche sélectionnée. Dans le cas de Persévérance, le robot mobile, plus communément appelé “rover”, chargé de rechercher des traces de vie passée sur Mars, sera mobilisé sur le cratère Jezero, une zone de plus de 45 km où l’on estime plausible la présence de sédiments prouvant la présence d’eau il y a plus de 3.5 millions d’années. “Avoir choisi ce cratère n’est pas anodin, relève Sylvain Breton. Sur le site, on observe des dépôts de sédiments. Et qui dit sédiments dit eau”.

10 milliards de dollars

Bien que les missions spatiales diffèrent les unes des autres, les institutions telles que la Nasa ou l’ESA n’hésitent pas à reprendre les données récoltées par leurs prédécesseurs pour les mettre au service de leur propre mission. “A titre d’exemple, grâce à la mission Solar Orbiter, des téraoctets de données ont pu être transférés sur Terre. Elles ont été sans doute exploitées pour aider à l’élaboration du projet Persévérance”, imagine le chercheur.

Avec un budget de dix milliards de dollars, la Nasa espère des résultats plus que probants. Sylvain Breton se montre confiant : “On sait tellement peu de chose sur cette planète que tout le monde s’accorde à dire qu’il y aura des retours scientifiques très importants”, veut-il croire. Pour l’heure, Persévérance devra d’abord passer sans encombre le cap de l’entrée dans l’atmosphère de Mars. Une étape redoutée, appelée “sept minutes de terreur”.