Princesse Latifa “otage” à Dubaï : l’appel à l’aide des ONG

Crédits : Wikimedia Commons – janvier 2018. Dans des vidéos publiées cette semaine, la princesse affirme être enfermée dans une "villa transformée en prison", aux fenêtres "condamnées et gardée par des policiers".

 

Plusieurs ONG alertent l'ONU sur le cas de la princesse Latifa, fille de l'émir de Dubaï. Elle affirme être retenue en "otage" et craindre pour sa vie dans des vidéos diffusées cette semaine. Même le Premier ministre britannique, Boris Johnson, s’alarme du sort "inquiétant" de la jeune femme.

Une princesse disparue, une prison dorée et une tentative d’évasion. Tous les ingrédients d’un véritable scénario de film d’action semblent réunis, et pourtant, la situation n’a rien de fictive. La princesse Cheika Latifa, 35 ans, fille du dirigeant de l’émirat de Dubaï et Premier ministre des Émirats arabes unis, suscite l’inquiétude de plusieurs ONG depuis plusieurs années.

“Extrêmement inquiètes pour sa sécurité”, celles-ci appellent l’ONU à agir pour la princesse “otage” suite à la publication de nouvelles vidéos par la BBC et Sky News cette semaine. On y aperçoit la princesse qui affirme être enfermée dans une “villa transformée en prison”, aux fenêtres “condamnées et gardée par des policiers”. “Je m’inquiète tous les jours pour ma sécurité et pour ma vie […] la police m’a dit que je serai en prison toute ma vie et que je ne reverrai plus jamais le soleil”, désespère Latifa.

Une “villa transformée en prison”

En 2018, la princesse avait tenté de s’évader en bateau de la riche cité-État du Golfe, avant d’y être reconduite de force, alors qu’elle dénonce l’emprise et les “tortures” que son père lui ferait subir. Selon la chaîne publique britannique, les vidéos en question ont été filmées environ un an après cette vaine tentative d’évasion. Depuis, des proches de la princesse disent ne plus avoir de ses nouvelles. 

Ce n’est pas la première fois que des ONG accusent les Émirats de violer des droits humains et réprimer les voix critiques. Cette fois-ci, elles réclament la libération de la princesse et pressent l’ONU à s’emparer de l’affaire. La Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a indiqué à la BBC, dans la foulée des révélations en vidéo, qu’elle allait interroger les Émirats sur le sort de la princesse. 

Boris Johnson estime le sort de la princesse“inquiétant et très difficile”

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et Dominic Raab, son chef de la diplomatie, se sont eux aussi exprimé sur le sort de la princesse, qu’ils estiment “inquiétant et très difficile”. La justice britannique est en effet liée de près à cette affaire, depuis qu’elle a statué sur l’affaire en mars 2020 : elle a estimé que le dirigeant de l’émirat de Dubaï avait commandité l’enlèvement de deux de ses filles, Latifa mais aussi Shamsa. À 18 ans seulement, elle avait tenté de fuir son père en 2000 durant un séjour en Angleterre. Selon Latifa, la jeune fille a été retrouvée après deux mois de fuite, “droguée”, ramenée à Dubaï et “enfermée”.