Sans horizon dégagé, l’aérien s’enfonce dans le rouge

Les ventes d'Airbus ont été amputées d'un tiers avec la crise sanitaire - Crédit : Moreno sur Flickr - juin 2015

 

 

Avec la crise sanitaire, les compagnies aériennes ont drastiquement réduit leurs voilures. Un effondrement qui retenti sur les avionneurs. Airbus enregistre ainsi une perte de 1,1 milliard d’euros sur l’année 2020.

C’est une trajectoire que n’avaient sans doute pas anticipée les dirigeants d’Airbus. En 2020, l’avionneur européen n’a livré que 566 appareils, soit un tiers de moins qu’en 2019. Les résultats publiés par le groupe ce jeudi 18 février sont donc empreints de rouge. Airbus enregistre un chiffre d’affaires de 49,9 milliards d’euros, en repli de 30%, couplé à une perte de 1,1 milliard d’euros. Une conséquence directe de la crise sanitaire qui a brutalement cloué les avions au sol.

Malgré une baisse des cadences de production estimée à 40%, Airbus sort moins malmené que son concurrent américain Boeing. Le constructeur de Seattle fait face à 11,9 milliards de dollars de pertes. La faute au fiasco des 737 Max et au retard pris par le futur 777X, attendu pour 2023. De son côté, Airbus encaisse tout de même quelque mauvais coups. Et notamment l’arrêt du programme A380, pour l’heure chiffré à 385 millions d’euros.

Turbulences chez Air France

Si les fêtes de fin d’année ont été marquées par un léger rebond du trafic aérien, notamment à destination des outre-mers. Le groupe Air France-KLM finit également l’année dans le négatif. Le compte de résultats, également publié ce 18 février, accuse plus de 7 milliards d’euros de pertes. En 2020, la compagnie a transporté deux tiers de passagers en moins que l’année précédente, et n’envisage pas de retour à la normale avant 2024. En attendant, ce sont 7 500 postes qui sont sur la sellette chez Air France d’ici 2022, en dépit des 7 milliards d’aides débloqués par l’État français. Le principal actionnaire d’Air France (14%) envisagerait d’ailleurs de procéder à une recapitalisation de la compagnie, a fait savoir le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

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Aéroports de Paris au ralenti

C’est un baromètre qui ne trompe pas sur la santé du secteur aérien. La fréquentation des aéroports d’Orly et Charles de Gaulle s’est effondrée de 69% au cours de l’année écoulée, passant de 108 à quelque 33 millions de passagers. Dans ce contexte, l’abandon du projet de terminal 4 de CDG a semblé augurer un tournant vers le repli du trafic aérien. Pourtant, le groupe Aéroports de Paris veut poursuivre ses investissements, et confirme la transformation du terminal 1 de CDG. Un chantier colossal qui prévoit notamment de relier les différents ilots satellites pour en accroître la capacité d’accueil.