Menu végétarien à la cantine : 80% des français y sont favorables

Les Français réduisent leur consommation de viande, préoccupés par l’impact de cet aliment sur leur santé et sur l’environnement, selon un sondage Harris Interactive.

Pas de viande à la cantine ? Une “idéologie scandaleuse”, selon un tweet de Gérald Darmanin, publié le 20 février sur la plateforme. Cette question est revenue dans les débats, depuis qu’à Lyon, un menu sans viande a été imposé dans les restaurants scolaires de la ville.

Pourtant, selon un sondage Harris Interactive publié ce jeudi 25 février, une large majorité de Français approuve l’utilisation d’autres sources de protéines à la maison et dans la restauration collective. Ainsi, 80% d’entre-eux seraient favorable aux menus végétariens à la cantine, dans les hôpitaux et maisons de retraite à chaque repas (71%) ou deux fois par semaine (71%).

Si l’idée d’un bon poulet rôti ou d’un gigot fait toujours frémir les papilles d’une majorité de Français, nous sommes de plus en plus nombreux à modérer nos ardeurs carnivores. L’institut de sondage Harris Interactive a demandé à un panel de 1063 personnes d’associer le mot viande à d’autres mots, spontanément. Reviennent le plus souvent “bon”,qualité”, “plaisant”, et en même temps “pollution”,intensif”,abattage”, ” maltraitance”.

La viande perd de sa superbe

La viande, idéal de consommation dans les années 80, perd de sa superbe. 63% des Français interrogés déclarent n’en manger que quelques fois par semaine ou moins souvent. Un tiers des sondés prévoit de continuer à réduire la taille de leurs steaks et autres escalopes dans les trois prochaines années. Une tendance de fond, visible depuis une quinzaine d’années. De 2007 à 2017, la consommation de viande a chuté de 12% selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), parue en 2018.

Comment expliquer ce changement en cuisine ? De nombreux scandales sanitaires ont entaché l’image d’une viande indispensable à notre énergie et notre force. Parmi les plus marquants, la vache folle, mais aussi la publication d’études montrant le potentiel cancérigène d’une surconsommation de viande rouge. 43% des Français interrogés expliquent que ces enjeux de santé les ont encouragés à réduire leur consommation de viande.

Le bien-être animal entre aussi en compte pour 36% des sondés. Enfin, “faire des économie” et réduire son “impact environnemental” sont des raisons évoquées par 33% des Français lorsqu’ils renoncent à sortir la plancha le week-end.

Les alternatives aux protéines animales

Les Français se tournent vers de la viande de meilleure qualité et plus responsable, et vers des alternatives : les légumes secs (77%), le houmous, les falafels, le tofu (53%) sont plébiscités. Et pourquoi pas des sauterelles ou des petits vers ? Les insectes, eux ne fond pas vraiment saliver. Seulement 23% des sondés y seraient favorable.

Si les Français veulent des assiettes moins rouges, pourquoi les annonces de repas sans viandes font-elles autant polémique ? “Parachuter un repas qui a pour seule définition de manquer de viande c’est difficile. On ne peut pas donner envie à manger à quelqu’un en lui disant ce qu’il n’y a pas”, avance au CFJ News le chef Gilles Daveau, qui a participé à dévoiler les résultats du sondage commandé par l’association environnemental Réseau Action climat.

Ce formateur pour les cuisiniers de restauration collective depuis les années 1980 voit le “sans viande” comme une opportunité de diversifier et enrichir notre alimentation. Pour donner envie, Gilles Daveau imagine à la cantine ce midi “un crumble salé avec des grains de céréales et des légumes de saisons ou un gâteau fondant et gourmand avec des lentilles, des pois-chiches, du chocolat et du citron”. De quoi peut-être inspirer les villes qui se mettent aux légumineuses. Clermont-Ferrand va officialiser ce jeudi la mise en place de deux repas végétariens par semaine dans les cantines scolaires.